ECONOMIE

UEMOA : la BCEAO met en avant la résilience des économies face aux chocs mondiaux

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UEMOA : la BCEAO met en avant la résilience des économies face aux chocs mondiaux

Réunis à Dakar dans le cadre de la deuxième session ordinaire de l’année du Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), les responsables de l’institution ont dressé le constat d’une Union qui continue de résister aux secousses de l’environnement international.

Alors que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient alimentent de nouvelles incertitudes sur les marchés mondiaux, la BCEAO estime que les économies de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) conservent des fondamentaux globalement favorables.

Ouvrant les travaux du Comité, le gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, a souligné que la crise au Moyen-Orient exerce déjà une pression sur les marchés de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement internationales. Une situation qui a conduit le Fonds monétaire international à revoir à la baisse ses prévisions de croissance mondiale pour 2026.

Malgré ce contexte, les pays de l’Union continuent d’enregistrer une activité économique soutenue. Au premier trimestre 2026, la croissance du produit intérieur brut de l’espace UEMOA s’est établie à 6,1 %, après 6,5 % au trimestre précédent.

Cette évolution traduit, selon la Banque centrale, la capacité des économies de l’Union à maintenir leur dynamique dans un environnement moins favorable que celui observé ces dernières années.

Autre indicateur suivi de près par les autorités monétaires : l’inflation. Bien que la hausse des prix des carburants observée entre mars et mai dans plusieurs États membres commence à produire ses effets, les pressions inflationnistes demeurent contenues. Le taux d’inflation est ressorti à -0,2 % au premier trimestre 2026, contre -0,8 % trois mois plus tôt.

La BCEAO attribue notamment cette situation à la bonne tenue de la campagne agricole, qui contribue à limiter les tensions sur les prix des produits alimentaires.

Les finances publiques affichent également une amélioration progressive. Les efforts de consolidation budgétaire engagés dans plusieurs pays ont permis de ramener le déficit budgétaire global à 4,1 % du PIB, contre 4,3 % un an auparavant.

Sur le plan extérieur, l’Union bénéficie d’une progression des exportations d’hydrocarbures et d’or ainsi que d’une mobilisation accrue de ressources extérieures. Ces évolutions soutiennent les comptes extérieurs de l’Union, même si la BCEAO reste attentive à l’impact que pourrait avoir une hausse durable des coûts d’importation.

Les conditions de financement se sont, par ailleurs, assouplies au cours des derniers mois. La Banque centrale relève une amélioration de la liquidité bancaire et les effets de la baisse récente de ses taux directeurs. Sur le marché interbancaire, le taux d’intérêt à une semaine est ainsi revenu à 4,26 %, en recul de 68 points de base.

Les travaux du Comité de politique monétaire doivent permettre d’évaluer l’ensemble de ces évolutions avant les prochaines décisions de politique monétaire. Les membres du CPM examineront également la situation du système bancaire de l’Union, le rapatriement des recettes d’exportation ainsi que les conclusions des Conseils nationaux du crédit.

À travers ces différents indicateurs, la BCEAO met en avant une réalité : malgré les tensions qui affectent l’économie mondiale, l’Union continue d’afficher une croissance soutenue et des équilibres macroéconomiques relativement préservés, même si les risques liés à l’environnement international demeurent présents.

Hervé Ganhouégnon

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