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Le maïs tanzanien en plein essor : une alternative non-OGM qui rebat les cartes en Afrique

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Le maïs tanzanien en plein essor : une alternative non-OGM qui rebat les cartes en Afrique

Longtemps dominée par l’Afrique du Sud, le Nigeria et l’Éthiopie, la production de maïs en Afrique connaît un bouleversement majeur. La Tanzanie, avec une croissance spectaculaire et sans recourir aux organismes génétiquement modifiés (OGM), s’est imposée comme une nouvelle puissance agricole sur le continent.

D’après les données du ministère de l’Agriculture tanzanien, le pays a atteint un niveau de production record de 12,26 millions de tonnes pour la campagne 2023/2024. C’est une hausse de 53 % par rapport à l’année précédente et cela place désormais la Tanzanie au deuxième rang des producteurs africains, derrière l’Afrique du Sud (12,85 millions de tonnes) et devant le Nigeria (11,2 millions) et l’Éthiopie (10 millions).

Un succès basé sur les investissements et les pratiques agricoles

Cette performance remarquable s’explique par une stratégie d’investissement public soutenue et des mesures concrètes pour accompagner les agriculteurs. Le gouvernement a notamment injecté 60,2 millions de dollars dans son programme de subvention des engrais en 2023/2024. Cela a permis une augmentation de 44,8 % de l’utilisation d’engrais en un an, le maïs absorbant à lui seul près de 50 % de ces intrants.

Le rapport ministériel met aussi en avant l’adoption massive de semences certifiées, dont la disponibilité a permis de couvrir plus de la moitié des besoins annuels du pays. En 2023/2024, 60,1 % du volume national de semences améliorées était consacré au maïs, soulignant la solidité de la filière tanzanienne.

La Tanzanie, un modèle sans OGM

Le succès de la Tanzanie est d’autant plus significatif qu’il relance le débat sur les OGM en Afrique. Alors que le Nigeria et l’Éthiopie ont récemment autorisé la culture de maïs transgénique pour stimuler leurs rendements, la Tanzanie a choisi de ne pas emprunter cette voie.

Le pays, dont la réglementation de 2009 sur la biosécurité impose une responsabilité stricte pour les dommages liés aux produits biotechnologiques, a même interdit les essais en plein champ de cultures OGM depuis 2021. La performance de la Tanzanie démontre ainsi que la productivité et la résilience peuvent être renforcées par d’autres leviers, comme l’utilisation d’intrants de qualité et la modernisation des pratiques agricoles, sans nécessairement recourir aux biotechnologies.

Pour consolider ses acquis, le pays doit maintenant relever le défi des pertes post-récolte, qui affectent environ 11 % de sa production. Pour y faire face, le gouvernement a annoncé son intention d’investir dans la construction de nouvelles infrastructures de stockage, avec l’objectif de porter la capacité de l’Agence nationale des réserves alimentaires à 3 millions de tonnes d’ici 2030, contre seulement 340 000 tonnes estimées en 2022.

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