
Le Togo maintient la pression sur le marché régional des titres publics. Le pays prévoit de mobiliser 35 milliards FCFA le 12 juin 2026 à travers une nouvelle émission simultanée de Bons assimilables du Trésor (BAT) et d’Obligations assimilables du Trésor (OAT) sur le marché de l’UMOA. Une opération qui traduit à la fois les besoins persistants de financement de l’État et la volonté des autorités togolaises d’étaler leur dette sur des maturités plus longues.
Selon l’avis d’appel d’offres consulté par Togo First, le Trésor togolais recherche 5 milliards FCFA via des BAT de 364 jours, tandis que 30 milliards FCFA seront levés sous forme d’OAT de 3, 5 et 7 ans. Les obligations proposées offrent des rendements respectifs de 6,15 %, 6,35 % et 6,50 %, des niveaux qui restent relativement élevés sur le marché régional et qui témoignent des conditions de financement toujours tendues pour les États de l’Union.
Au-delà du montant recherché, cette émission met en évidence la stratégie progressive du Togo consistant à privilégier davantage les ressources de moyen et long termes afin de limiter les risques liés au refinancement de la dette à court terme. En consacrant près de 86 % de l’opération aux OAT, Lomé cherche à sécuriser des ressources plus stables pour soutenir l’exécution budgétaire de 2026.
Les fonds mobilisés serviront au financement du budget de l’État, arrêté à 2751 milliards FCFA. Dans un contexte marqué par des besoins croissants en investissements publics, notamment dans les infrastructures et les secteurs sociaux, le recours au marché régional devient un levier central pour compléter les ressources fiscales internes.
Cette nouvelle sortie permettra également au Togo de progresser vers son objectif annuel de mobilisation fixé à 463 milliards FCFA. Depuis janvier 2026, le pays a déjà levé 143 milliards FCFA, soit environ 31 % de sa cible annuelle. Un rythme qui montre que le Trésor togolais reste actif sur le marché régional, même si la concurrence entre États de l’UMOA pour capter les liquidités des investisseurs demeure soutenue.
Hervé Ganhouégnon







