
UNE TAXE SUR LES PAIEMENTS EN ESPÈCES POUR LUTTER CONTRE LA FRAUDE FISCALE AU BÉNIN
Le gouvernement béninois annonce l’instauration, dans la loi de finances 2025, d’une nouvelle taxe de 1 % sur les paiements en espèces dont le montant dépasse 100 000 Francs CFA. Cette mesure, qui suscite de nombreux débats, vise à promouvoir la bancarisation, à lutter contre l’économie informelle et à améliorer la transparence financière dans le pays.
La nouvelle taxe sur les paiements en espèces supérieurs à 100 000 Francs CFA est une initiative audacieuse du gouvernement béninois pour formaliser l’économie et améliorer la transparence financière. Elle s’inscrit dans une série de réformes visant à promouvoir l’utilisation des services bancaires et électroniques. Sa réussite dépend de l’adhésion des acteurs économiques et de la capacité du gouvernement à surmonter les défis liés à sa mise en œuvre.
Dans un contexte où l’économie informelle représente une part significative de l’activité au Bénin, le gouvernement cherche des moyens d’encadrer les transactions financières. En incitant les citoyens et les entreprises à effectuer leurs transactions par voie bancaire, le gouvernement espère réduire le montant des transactions en espèces, souvent associées à des pratiques fiscales opaques et à la fraude.
En rendant les paiements en espèces moins attrayants, le gouvernement espère inciter les citoyens à utiliser des méthodes de paiement électroniques, favorisant ainsi la traçabilité des transactions.
Les paiements en espèces sont souvent utilisés pour dissimuler des revenus et échapper à l’impôt. Cette nouvelle taxe vise à réduire ce phénomène et à renforcer la justice fiscale. Cette taxe pourrait alors générer des revenus supplémentaires pour l’État, permettant de financer des projets de développement et d’améliorer les services publics.
Les autorités béninoises estiment que cette mesure contribuera à une meilleure collecte des impôts et à une augmentation des recettes fiscales. En limitant les paiements en espèces, le gouvernement vise à réduire les pratiques de corruption et à améliorer la transparence et plus sécurisée dans les transactions commerciales.
La bancarisation accrue facilite le suivi des flux financiers. Ce qui peut aider à lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. En encourageant l’utilisation des moyens de paiement électroniques, cette mesure s’inscrit dans une dynamique de modernisation de l’économie béninoise.
Réactions des acteurs économiques
La mesure a suscité des réactions variées parmi les acteurs économiques. Certains entrepreneurs et économistes saluent cette initiative, la considérant comme un pas vers une économie plus formelle et structurée.
En réduisant l’importance des paiements en espèces, cette mesure peut contribuer à réduire la taille de l’économie informelle. La croissance des transactions électroniques devrait stimuler, par ailleurs, le développement du secteur financier et renforcer le rôle des banques.
D’autres, notamment des commerçants et des travailleurs du secteur informel, craignent que cette mesure ne pénalise les petites entreprises et les ménages à faible revenu qui dépendent des transactions en espèces. Ils soulignent également le risque d’augmentation des coûts pour les consommateurs.
Certaines analysent craignent que la transition vers une économie moins dépendante du cash rencontre des résistances, notamment dans les milieux ruraux et auprès des populations les moins informées.
Défis de Mise en Œuvre
La mise en œuvre de cette taxe pose plusieurs défis. D’abord, il est crucial d’informer la population sur les modalités de la taxe et ses implications. Ensuite, le développement des infrastructures de paiement électronique est essentiel pour faciliter la transition vers des méthodes de paiement plus sécurisées. Cela passe nécessairement par l’acceptation de tous les commerçant des transactions de type Mobile money sans exiger des frais de retrait, comme c’est le cas de la plupart actuellement. Et enfin, assurer le respect de la nouvelle réglementation nécessite des mécanismes de contrôle efficaces.
Cette réforme marque une volonté claire du gouvernement de moderniser le secteur financier et de lutter efficacement contre les pratiques fiscales frauduleuses. Les mois à venir sont déterminants pour apprécier l’impact de cette mesure sur l’économie béninoise.
Yêdafou K.A. / LNM






