
UMOA-Titres : Le Burkina Faso lève 38,5 milliards FCFA avec un taux de couverture de 117 %
Le Burkina Faso a réussi à mobiliser 38,499 milliards de FCFA (environ 69,3 millions USD) sur le marché financier régional de l’UMOA, à l’issue d’une adjudication combinée de Bons Assimilables du Trésor (BAT) et d’Obligations Assimilables du Trésor (OAT) le 2 juillet 2025. Cette opération, qui s’inscrit dans la stratégie de financement souverain du pays, démontre la résilience des marchés régionaux face aux incertitudes économiques et sécuritaires.
L’opération a affiché un taux de couverture impressionnant de 116,84 %, avec des offres reçues totalisant 40,892 milliards de FCFA pour un montant sollicité de 35 milliards de FCFA. Le montant finalement retenu s’élève à 38,499 milliards de FCFA, témoignant d’une forte demande pour la dette burkinabè, comme en atteste également le taux d’absorption de 94,15 %. Cette marque de confiance des investisseurs est significative, surtout dans un contexte macroéconomique sous tension, marqué par des défis sécuritaires internes, l’inflation et une pression budgétaire.
Des rendements élevés reflètent une prime de risque
Cependant, cette confiance des investisseurs a un prix. Les coûts de financement se sont avérés relativement élevés pour le Burkina Faso. Le BAT à 1 an a été placé à un rendement de 9,35 %, un taux élevé pour un financement à court terme. Les OAT de long terme (3, 5 et 7 ans) présentent également des rendements significatifs de 7,23 %, 8,48 % et 8,34 % respectivement.
Il est à noter que les coupons annuels servis sur les OAT sont de 6 % (3 ans), 6,20 % (5 ans) et 6,40 % (7 ans). Le spread entre les rendements et les taux faciaux des coupons suggère une décote sur le marché secondaire et, plus important encore, une prime de risque substantielle exigée par les investisseurs. Cette prime est probablement liée aux perceptions des risques pays et à la volatilité macroéconomique actuelle.
En somme, bien que l’opération ait été un succès en termes de mobilisation de fonds, elle met en lumière les défis auxquels le Burkina Faso est confronté pour attirer des capitaux à un coût plus modéré, reflétant la nécessité de rassurer davantage les marchés sur la stabilité et les perspectives économiques du pays.






