
Nigeria : le crédit bancaire atteint 44,4 milliards de dollars, mais progresse à peine
Le crédit bancaire continue de progresser au Nigeria, mais à un rythme très faible. Les prêts accordés à l’économie par les banques commerciales ont atteint l’équivalent d’environ 44,4 milliards de dollars au premier trimestre 2026, en hausse de seulement 1 % sur un an et de 4 % par rapport au trimestre précédent, selon les dernières données de la Banque centrale du Nigeria (CBN).
Cette évolution intervient alors que la politique monétaire reste restrictive. Les conditions de financement demeurent difficiles pour les entreprises, tandis que les banques font preuve de prudence dans l’octroi de nouveaux prêts. La progression limitée du crédit traduit ainsi une transmission encore faible de la liquidité bancaire vers l’économie réelle.
La répartition des financements montre toutefois des évolutions contrastées selon les secteurs. Le pétrole et le gaz restent les principaux bénéficiaires, avec environ 16 200 milliards de nairas de crédits, soit près de 24,1 % de l’encours total. Mais les financements accordés à ce secteur ont reculé de 13 % sur un an.
À l’inverse, certains secteurs enregistrent une progression beaucoup plus importante. Les crédits destinés au commerce et aux activités générales ont atteint environ 6 300 milliards de nairas, en hausse de 70,8 % sur un an. Les financements à la finance, aux assurances et aux marchés de capitaux ont également progressé de 16,7 %, à environ 9 800 milliards de nairas.
L’agriculture affiche également une évolution positive. Les crédits qui lui sont destinés ont progressé de 21,9 % sur un an, pour atteindre environ 3 900 milliards de nairas. Malgré cette hausse, le secteur ne représente encore qu’une part limitée du crédit bancaire total.
La situation met en évidence un paradoxe pour la première économie d’Afrique. Le système bancaire dispose d’importantes ressources, mais celles-ci se transforment encore difficilement en nouveaux financements pour l’ensemble du secteur productif. Les coûts élevés du crédit constituent l’un des principaux obstacles à cette dynamique.
Cette situation pourrait évoluer avec un éventuel assouplissement progressif de la politique monétaire. Mais pour les entreprises nigérianes, l’enjeu reste de pouvoir accéder à des financements suffisamment abordables pour soutenir l’investissement, la production et l’emploi.
Avec un encours de crédit équivalent à environ 44,4 milliards de dollars, le système bancaire nigérian conserve donc un poids considérable dans l’économie. Mais sa progression annuelle de seulement 1 % montre que le financement de l’activité reste encore sous pression.







