
Accra, Abidjan, Lagos : le spectaculaire rallye des Bourses ouest-africaines
Les marchés actions africains connaissent une année 2026 particulièrement favorable. Au 26 août, trois places ouest-africaines dominent le classement continental : la Bourse du Ghana affiche une progression de 71,57 % depuis le début de l’année, devant la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), en hausse de 53,88 %, et la Bourse nigériane, qui gagne 52,78 %. La Bourse de Tunis suit avec une progression de 46,39 %.
À Accra, la dynamique est particulièrement spectaculaire. Les données de la Ghana Stock Exchange indiquent une progression de 72,04 % du GSE Composite Index depuis le début de l’année au 26 août. La place ghanéenne bénéficie notamment de la bonne tenue des valeurs cotées et d’un environnement économique qui s’est progressivement amélioré après plusieurs années de fortes tensions macroéconomiques.
Le secteur aurifère constitue également un élément important du contexte ghanéen. Le Ghana profite de la vigueur des cours de l’or, tandis que les entreprises minières enregistrent de solides performances. Gold Fields, qui exploite notamment la mine de Tarkwa, a annoncé une hausse de 81 % de son bénéfice au premier semestre 2026, portée par la hausse du prix de l’or et l’augmentation de sa production.
La BRVM n’est pas en reste. La place régionale, qui regroupe les marchés de huit pays de l’UEMOA, affiche une progression de 53,88 % depuis janvier. Cette performance s’inscrit dans une tendance observée depuis plusieurs mois, avec une forte demande sur plusieurs valeurs, notamment dans les secteurs bancaire, financier et des télécommunications.
À Lagos, la hausse de plus de 52 % traduit également un regain d’intérêt pour les actions nigérianes. Les résultats des entreprises, la stabilité relative du naira et les réformes économiques ont contribué à améliorer le sentiment des investisseurs. Les banques figurent parmi les valeurs qui ont particulièrement soutenu le marché, dans un contexte marqué par la recapitalisation du secteur bancaire.
La progression nigériane intervient toutefois après une période de fortes turbulences. Les réformes engagées ces dernières années ont profondément modifié l’environnement économique, notamment sur le marché des changes. Le naira s’est montré relativement stable ces dernières semaines, tandis que les investisseurs étrangers sont revenus progressivement sur certains actifs nigérians. Reuters rapportait récemment que le naira se négociait autour de 1 345 pour un dollar sur le marché officiel, avec des flux d’investissements étrangers contribuant à soutenir la monnaie.
Cette envolée des marchés africains ne signifie toutefois pas que les économies concernées sont devenues sans risque. Les performances boursières peuvent refléter à la fois l’amélioration des perspectives économiques, la progression des bénéfices des entreprises et une revalorisation des actions après des périodes de décote.
Les écarts restent d’ailleurs importants entre les différentes places africaines. Alors qu’Accra, Abidjan et Lagos affichent des gains supérieurs à 50 % depuis janvier, d’autres marchés évoluent beaucoup plus modestement. Financial Afrik souligne également que cette envolée des actions intervient alors que plusieurs matières premières connaissent, elles, des corrections : le Brent recule de 8 % depuis le début de l’année, le café de 10,52 % et le cacao de 2,69 %.
Pour les investisseurs, l’enjeu est désormais de déterminer si cette progression peut durer. Au Ghana, les perspectives restent liées notamment aux cours de l’or et à la situation macroéconomique. Dans l’UEMOA, la solidité des résultats des sociétés cotées sera déterminante pour maintenir la dynamique de la BRVM. Au Nigeria, l’évolution du naira, des bénéfices des entreprises et des réformes financières pèsera sur la poursuite du rallye.
Une chose est déjà acquise : en 2026, les places financières d’Afrique de l’Ouest ont pris une place centrale dans la performance des marchés africains. Accra, Abidjan et Lagos ne se contentent plus de suivre la tendance : elles en sont aujourd’hui les principaux moteurs.







