ECONOMIE

Le Ghana rebâtit sa résilience économique : 8 milliards de dollars de réserves de change reconstituées grâce à l’or

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Le Ghana rebâtit sa résilience économique : 8 milliards de dollars de réserves de change reconstituées grâce à l’or


Après une période de turbulence économique majeure, le Ghana, deuxième producteur d’or africain, a opéré un redressement spectaculaire de ses finances publiques. La Banque du Ghana (BoG) a annoncé avoir reconstitué ses réserves de change à hauteur de près de 8 milliards de dollars américains, soit l’équivalent de quatre mois et demi d’importations, une performance attribuée à une nouvelle stratégie audacieuse axée sur son principal atout minier : l’or.

Ce succès repose sur la mise en place de GoldBod, un organisme public de négoce d’or créé en mars dernier. Son objectif est de centraliser l’achat et l’exportation du métal précieux, s’assurant que les recettes en devises étrangères soient directement canalisées vers les caisses de l’État.

S’exprimant lors des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Washington, le gouverneur de la Banque centrale, Johnson Asiama, a décrit ce mécanisme comme un “fonds renouvelable” géré par l’État. En quelques mois seulement, ce dispositif a permis d’engranger près de 8 milliards de dollars, en reprenant le contrôle des flux financiers aurifères qui étaient autrefois largement captés par des négociants privés opérant en marge du système bancaire officiel.

Stabilisation et indépendance retrouvée
Cette stratégie s’inscrit dans un contexte de profonde reconstruction post-crise. En 2022, l’économie ghanéenne faisait face à une dette insoutenable et à des réserves de change critiques, une situation qui avait contraint Accra à solliciter un programme d’aide auprès du Fonds Monétaire International (FMI).
Aujourd’hui, l’or est utilisé comme un véritable levier monétaire pour stabiliser la monnaie nationale et rétablir la confiance des investisseurs internationaux.

De plus, cette approche vise à renforcer l’indépendance institutionnelle de la Banque centrale, tout en assainissant son bilan, fragilisé par la restructuration de la dette intérieure. Grâce à cette réforme, la Banque du Ghana reçoit désormais directement des lingots des grandes sociétés minières, consolidant son rôle et son influence dans la chaîne de valeur aurifère nationale.

À terme, les autorités ghanéennes espèrent relancer un marché des capitaux convalescent en réinscrivant davantage de banques à la Bourse, signalant ainsi un retour durable à la santé financière du pays.

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