ECONOMIE

Ghana : Cap sur l’allègement monétaire dans un contexte d’amélioration de l’inflation

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Ghana : Cap sur l’allègement monétaire dans un contexte d’amélioration de l’inflation

Le Ghana amorce une nouvelle phase de sa politique économique. Avec une inflation en recul constant, la Banque du Ghana a annoncé une réduction significative de son taux directeur à 21,5 %, marquant ainsi l’une des plus fortes baisses depuis plus d’une décennie. Cette décision, saluée par les milieux économiques, coïncide avec des avancées majeures dans le secteur de l’énergie, notamment la signature d’un accord stratégique visant à accroître la production nationale de gaz naturel.

Après deux années d’instabilité économique marquée par une inflation galopante atteignant des sommets en 2023, le Ghana semble enfin voir le bout du tunnel. La Banque centrale justifie cette baisse de 350 points de base par “un recul soutenu de l’inflation, désormais stabilisée sous les 24 %”, contre plus de 50 % à son pic.

Cette évolution reflète également une amélioration progressive de la politique monétaire, de la gestion budgétaire, et des efforts de désendettement amorcés sous le programme de soutien du FMI signé en 2023.

L’énergie, levier stratégique de relance

Autre facteur de confiance : la signature récente d’un accord entre l’État ghanéen et le consortium dirigé par l’italien Eni, en partenariat avec Vitol. Ce pacte porte sur l’expansion du projet Offshore Cape Three Points (OCTP), un pilier de la stratégie énergétique du pays.

Le ministre ghanéen de l’Énergie, Matthew Opoku Prempeh, a déclaré que cet accord permettrait d’augmenter significativement la production de gaz local à partir de 2026, réduisant ainsi la dépendance aux importations coûteuses de carburants et renforçant l’autonomie énergétique.

“Cet accord est crucial pour la sécurité énergétique du Ghana, mais aussi pour notre compétitivité économique”, a-t-il souligné lors de la conférence de presse tenue à Accra.

Une fenêtre d’opportunité pour les investisseurs

Avec la baisse des taux, les entreprises et les ménages ghanéens pourraient enfin accéder à un crédit moins onéreux, favorisant ainsi l’investissement et la consommation. Le secteur privé espère que cette décision marquera le début d’un cycle économique plus favorable, après plusieurs trimestres de contraction ou de croissance molle.

Pour les investisseurs étrangers, le Ghana redevient une destination attractive, notamment dans les domaines des infrastructures, de l’énergie, de l’agro-industrie et des services financiers.

Des défis à surveiller

Cependant, tout n’est pas encore gagné. Les économistes mettent en garde contre un relâchement prématuré de la discipline budgétaire, dans un pays toujours fortement endetté. De plus, la volatilité des prix du pétrole, les incertitudes géopolitiques mondiales et la dépendance aux importations pourraient rapidement inverser la tendance actuelle.

La Banque du Ghana a indiqué qu’elle surveillera étroitement l’évolution de l’inflation, prête à ajuster sa politique si nécessaire.

Avec une combinaison de rigueur monétaire, de réformes budgétaires et de projets énergétiques structurants, le Ghana semble vouloir tourner la page de la crise. Reste à transformer ces signaux positifs en une croissance inclusive et durable.

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