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Fintech : OPay vise une valorisation de 4,4 milliards de dollars à Wall Street

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Fintech : OPay vise une valorisation de 4,4 milliards de dollars à Wall Street

La fintech, qui réalise l’essentiel de ses activités au Nigeria, prépare son entrée à la Bourse de New York. Portée par la croissance de ses revenus et de sa clientèle, l’entreprise veut lever jusqu’à 336 millions de dollars, avec l’appui d’investisseurs déjà présents à son capital.

OPay veut franchir une nouvelle étape de son développement en faisant son entrée à la Bourse de New York. La plateforme de services financiers numériques, principalement active au Nigeria, propose de vendre 16 millions de titres de dépôt américains à un prix compris entre 19 et 21 dollars l’unité. Sur la base de la fourchette annoncée, l’opération pourrait lui permettre de lever jusqu’à 336 millions de dollars et de viser une valorisation pouvant atteindre 4,42 milliards de dollars.

Cette introduction en Bourse intervient alors que les résultats de l’entreprise progressent rapidement. Au premier semestre 2026, OPay a réalisé un chiffre d’affaires de 467,1 millions de dollars, contre 197,5 millions un an plus tôt, soit une hausse de 136,5 %. Son bénéfice net a atteint 90,9 millions de dollars, contre 21,7 millions au premier semestre 2025.

Ces performances renforcent les arguments de la société auprès des investisseurs. En 2021, OPay avait levé 400 millions de dollars lors d’un tour de financement qui valorisait l’entreprise à 2 milliards de dollars. La valorisation envisagée pour son entrée à New York représenterait donc plus du double de ce niveau.

Le crédit prend une place croissante

La croissance d’OPay repose sur plusieurs services : paiements numériques, transferts d’argent, épargne et prêts. Mais le crédit occupe désormais une place importante dans son modèle économique. Au premier semestre 2026, les activités de prêt ont généré 236,1 millions de dollars, soit 50,6 % du chiffre d’affaires.

Cette évolution accompagne l’élargissement de sa clientèle. Au 31 juillet 2026, l’entreprise déclarait environ 50,1 millions d’utilisateurs actifs mensuels et 26,8 millions d’utilisateurs actifs quotidiens. Outre le Nigeria, elle exerce des activités en Indonésie, en Égypte et au Pakistan, même si le marché nigérian demeure sa principale source de revenus.

La progression du crédit comporte toutefois des risques. Les provisions constituées pour couvrir les pertes de crédit attendues ont atteint 118,4 millions de dollars au premier semestre 2026, contre 38,1 millions un an auparavant. Cette augmentation invite à suivre de près la qualité des prêts accordés et la capacité de l’entreprise à maintenir sa rentabilité avec l’élargissement de ses activités de financement.

Des investisseurs déjà positionnés

OPay bénéficie de l’intérêt de plusieurs investisseurs pour son introduction en Bourse. Neuf investisseurs ont exprimé un intérêt non contraignant pour l’achat de titres pouvant atteindre 270 millions de dollars. Ces indications ne constituent toutefois pas des engagements fermes d’achat.

Parallèlement, Stanbic Africa Holdings, filiale du groupe bancaire sud-africain Standard Bank, a accepté d’investir jusqu’à 200 millions de dollars dans le cadre d’un placement privé associé à l’opération. Cet investissement reste soumis aux conditions prévues dans l’accord et aux autorisations nécessaires. Des entités liées à SoftBank détiennent, pour leur part, 6,6 % du capital d’OPay avant l’introduction en Bourse.

Les fonds issus de l’opération doivent notamment financer les investissements technologiques, l’élargissement du réseau de distribution, le développement de nouveaux produits et l’expansion géographique. OPay prévoit également d’étudier d’éventuelles acquisitions et des investissements stratégiques.

L’entreprise envisage par ailleurs une cotation secondaire à la Bourse nigériane après son entrée sur le marché américain, sous réserve des autorisations réglementaires et des conditions de marché. Cette perspective permettrait aux investisseurs locaux d’accéder potentiellement à son capital.

L’introduction en Bourse constituera ainsi un test pour OPay et, plus largement, pour les fintechs africaines qui cherchent à accéder aux marchés internationaux. La valorisation visée témoigne des attentes placées dans les services financiers numériques sur les marchés émergents. Mais la capacité de l’entreprise à préserver sa croissance, à maîtriser les risques liés au crédit et à convertir son expansion en résultats durables sera déterminante pour la suite.

Hervé Ganhouégnon

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