
Banque : la BOAD se retire de BOA Bénin et BOA Niger et se recentre sur le développement
La Banque Ouest Africaine de Développement poursuit la réorganisation de son portefeuille d’investissements. L’institution financière régionale a récemment acté son retrait du capital des filiales béninoise et nigérienne du groupe Bank of Africa, marquant ainsi une nouvelle étape dans son repositionnement stratégique.
Présente depuis plusieurs années au sein de BOA Bénin et BOA Niger, la BOAD détenait des participations minoritaires estimées respectivement à environ 2,34 % et 6,88 %. Ces parts ont été cédées au groupe industriel béninois Sonimex, qui renforce ainsi sa présence dans le secteur bancaire sous-régional.
Cette opération s’inscrit dans une logique de rationalisation des actifs pour la BOAD, dont la mission première reste le financement du développement des États membres de l’UEMOA. En se désengageant progressivement de certaines participations, l’institution entend redéployer ses ressources vers des projets à fort impact économique et social, notamment dans les infrastructures, l’énergie et l’intégration régionale.
Le contexte diffère toutefois d’un pays à l’autre. Au Niger, la cession intervient dans un environnement bancaire fragilisé, où la filiale locale de Bank of Africa a enregistré une nette dégradation de ses performances financières au cours de l’année écoulée. À l’inverse, au Bénin, BOA affiche des indicateurs plus solides, avec une activité en croissance et une rentabilité globalement stable.
Pour Sonimex, cette acquisition représente une opportunité stratégique de diversification et de consolidation de ses positions dans le secteur financier. Elle illustre également la montée en puissance d’investisseurs privés locaux dans le capital des institutions bancaires de la région.
Malgré ce retrait, le groupe Bank of Africa conserve le contrôle majoritaire de ses filiales au Bénin et au Niger. L’opération n’affecte donc pas la gouvernance globale du groupe, mais redessine la structure de son actionnariat minoritaire.
Au-delà de cette transaction, le mouvement amorcé par la BOAD traduit une tendance plus large au sein des institutions financières de développement africaines, de plus en plus enclines à arbitrer leurs participations au profit d’investissements jugés plus structurants pour les économies nationales et régionales.
Hervé Ganhouégnon






