ECONOMIE

Afrique : la Banque mondiale relève sa prévision de croissance à 4,3 %

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Afrique : la Banque mondiale relève sa prévision de croissance à 4,3 %

 

La Banque mondiale revoit à la hausse ses prévisions pour l’Afrique subsaharienne. La croissance devrait atteindre 4,3 % en 2026, contre 4,1 % en 2025 et 4,0 % dans les prévisions publiées en avril. Mais derrière cette amélioration, l’institution relève plusieurs difficultés, notamment la progression encore faible des revenus par habitant, le poids du service de la dette et les besoins importants en matière d’emplois.

L’économie d’Afrique subsaharienne devrait faire un peu mieux que prévu en 2026. Dans sa dernière mise à jour économique consacrée à la région, publiée le 6 octobre, la Banque mondiale prévoit une croissance de 4,3 %, soit 0,3 point de plus que sa prévision d’avril. La région avait enregistré une croissance de 4,1 % en 2025.

Cette révision traduit une amélioration de l’activité dans plusieurs économies africaines. Les prévisions ont été relevées pour près des trois quarts des pays de la région, notamment l’Angola, l’Éthiopie, le Nigeria et la Zambie. La Banque mondiale explique cette évolution par une meilleure résistance des économies africaines, une demande intérieure plus soutenue ainsi que par les investissements liés à la transition énergétique et aux technologies numériques.

Les réformes engagées dans plusieurs pays commencent également à produire des effets sur l’activité économique. La Banque mondiale estime que les progrès enregistrés dans certaines grandes économies sont liés à plusieurs années de réformes et à une amélioration de la gestion économique. Le Nigeria, par exemple, figure parmi les pays dont les perspectives ont été revues à la hausse.

Cette amélioration intervient pourtant dans un environnement international difficile. Les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, entretiennent les incertitudes sur les prix de l’énergie. À cela s’ajoutent les incertitudes commerciales, les conditions de financement encore contraignantes, les chocs climatiques et les problèmes sécuritaires qui affectent plusieurs économies du continent.

L’inflation reste également un sujet de préoccupation. Selon la Banque mondiale, le taux d’inflation médian en Afrique subsaharienne devrait passer de 3,7 % en 2025 à 5,5 % en 2026. La hausse des prix des carburants, des engrais et des produits alimentaires réduit une partie des progrès réalisés récemment dans la maîtrise des prix.

La question de la dette reste elle aussi présente dans les perspectives économiques. L’endettement public régional s’est globalement stabilisé autour de 57 % du PIB, mais le coût du service de la dette continue de réduire les marges disponibles pour financer les infrastructures, la santé et l’éducation. Dans le même temps, le recul de l’aide au développement pousse les États à renforcer la mobilisation de leurs ressources intérieures et à rechercher des mécanismes de financement plus durables.

Le principal défi reste toutefois celui des retombées de la croissance. La progression de l’activité ne suffit pas encore à réduire sensiblement l’extrême pauvreté ni à créer suffisamment d’emplois pour une population active qui augmente rapidement. La Banque mondiale souligne ainsi que la croissance du revenu par habitant reste nettement inférieure à celle de l’économie dans son ensemble.

C’est sur ce point que l’institution veut déplacer une partie du débat vers les nouvelles technologies. Son rapport consacre une attention particulière à l’intelligence artificielle, considérée comme un outil pouvant améliorer la productivité, les services publics et l’accès à certaines solutions dans l’éducation, la santé, l’agriculture, la finance ou encore la logistique.

Pour la Banque mondiale, l’Afrique n’a pas nécessairement besoin de reproduire les investissements des grandes puissances dans les systèmes d’intelligence artificielle les plus avancés. Elle peut commencer par des applications moins coûteuses et adaptées aux réalités locales. Dans l’agriculture, par exemple, des outils utilisant l’IA peuvent aider à identifier certaines maladies des cultures. Dans l’éducation et la santé, ils peuvent contribuer à améliorer l’accès à l’information et à certains services.

Encore faut-il disposer des infrastructures nécessaires. L’accès à une électricité fiable, à une connexion internet abordable, aux données et aux compétences numériques constitue une condition préalable à une utilisation plus large de ces technologies. La Banque mondiale insiste également sur la nécessité d’une gouvernance adaptée et d’une coopération entre les pays africains.

L’enjeu pour les économies africaines est donc désormais double. Il s’agit de maintenir la progression de la croissance tout en améliorant sa capacité à créer des emplois, à augmenter les revenus et à réduire la pauvreté. La prévision de 4,3 % constitue une amélioration par rapport aux précédentes projections, mais elle ne règle pas à elle seule les difficultés structurelles auxquelles le continent reste confronté.

La Banque mondiale voit dans les technologies numériques et l’intelligence artificielle un moyen supplémentaire d’accroître la productivité. Pour les États africains, la question sera surtout de savoir comment transformer ces nouveaux outils en activités économiques, en emplois et en services accessibles au plus grand nombre.

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