ECONOMIE

Carburant : pourquoi les prix varient presque du simple au double dans l’UEMOA ? 

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Carburant : pourquoi les prix varient presque du simple au double dans l’UEMOA ? 

Dans l’espace UEMOA, un même franc CFA ne donne pas accès au même prix à la pompe. Au 19 août 2026, le litre de supercarburant se vendait 499 FCFA au Niger contre 990 FCFA au Sénégal, soit un écart de 491 FCFA. Entre les deux extrêmes, les écarts restent importants : 905 FCFA en Côte d’Ivoire, 899 FCFA en Guinée-Bissau, 875 FCFA au Mali et 725 FCFA au Bénin et au Togo.

Cette différence s’explique d’abord par les choix opérés par chaque État pour absorber ou répercuter les variations des cours internationaux du pétrole. Dans plusieurs pays de l’Union, les gouvernements continuent de prendre en charge une partie de l’écart entre le coût d’approvisionnement et le prix payé par le consommateur. Ce mécanisme permet de limiter l’impact sur les ménages et les entreprises, mais alourdit en contrepartie la facture pour les finances publiques.

Le Sénégal illustre ce dilemme. Depuis le 15 août, le litre de supercarburant y coûte 990 FCFA, contre 920 FCFA auparavant, tandis que le gasoil est passé de 680 à 755 FCFA. Cette hausse intervient alors que le coût réel d’importation demeure supérieur au prix de vente à la pompe, ce qui signifie que l’État continue de supporter une partie de la facture.

Au Niger, la situation est différente. Le litre de Super 91 reste affiché à 499 FCFA et le gasoil à 618 FCFA, selon les tarifs officiels cités par l’Agence Ecofin. Ces prix reposent notamment sur un cadre tarifaire maintenu depuis 2024. Le pays dispose par ailleurs d’une capacité locale de raffinage, un élément qui distingue son système d’approvisionnement de celui de plusieurs autres membres de l’UEMOA.

La fiscalité constitue également un facteur de différenciation. Le prix final payé par l’automobiliste dépend non seulement du coût du pétrole et du raffinage, mais aussi des taxes et prélèvements appliqués dans chaque pays. Les politiques nationales d’ajustement des prix ne sont donc pas identiques, même au sein d’un espace partageant la même monnaie et une politique monétaire commune.

À cela s’ajoutent les conditions d’approvisionnement. Les pays enclavés, les infrastructures disponibles, les capacités de stockage et de raffinage ainsi que les coûts de transport peuvent modifier sensiblement le coût final du carburant.

Ces écarts interviennent alors que les marchés pétroliers restent sous pression. La hausse du prix du brut oblige les gouvernements de l’UEMOA à arbitrer entre deux impératifs : protéger le pouvoir d’achat en maintenant des prix relativement bas ou réduire le coût budgétaire des subventions en laissant davantage la hausse internationale se répercuter à la pompe.

Le cas de l’UEMOA montre ainsi que la monnaie commune ne signifie pas une politique commune des prix des carburants. Chaque État conserve une marge de décision importante sur les subventions, la fiscalité et la fixation des prix. Résultat : à quelques milliers de kilomètres de distance, le même litre d’essence peut coûter presque deux fois plus cher.

Pour les ménages comme pour les entreprises, cette différence ne reste pas limitée à la pompe. Le prix du carburant se répercute sur le transport, la logistique, les coûts de production et, au bout de la chaîne, sur les prix des biens et services.

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