ECONOMIE

Industrialisation : la GDIZ change le modèle économique béninois

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Industrialisation : la GDIZ change le modèle économique béninois

Pendant plusieurs décennies, l’économie béninoise est restée largement dépendante de l’exportation de matières premières brutes. Le coton, principal produit agricole du pays, quittait les ports africains sans véritable transformation locale, alimentant des industries étrangères pendant que les économies productrices captaient une faible partie de la valeur créée.

Depuis quelques années, les autorités béninoises tentent de modifier cette organisation économique. La Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), implantée dans le département de l’Atlantique, occupe désormais une place centrale dans cette stratégie de réorientation industrielle.

À travers ce projet, le gouvernement entend développer un modèle fondé sur la transformation locale des productions agricoles, la création d’emplois industriels et l’installation progressive d’unités de production capables d’alimenter les marchés internationaux.

Le secteur textile constitue l’un des premiers axes de cette politique. Le Bénin figure parmi les principaux producteurs africains de coton, mais durant longtemps, l’essentiel de cette production était exporté sans traitement industriel majeur sur le territoire national. Les autorités souhaitent désormais développer une chaîne de production plus intégrée, allant de la transformation de la fibre jusqu’à la fabrication de produits finis.

Dans la zone industrielle, plusieurs unités spécialisées dans le textile, l’habillement et la transformation agricole ont déjà démarré leurs activités. Le gouvernement présente cette évolution comme une manière de retenir davantage de richesse sur le territoire national et de réduire progressivement la dépendance aux exportations brutes.

La stratégie ne concerne pas uniquement le coton. Les filières du soja, de l’anacarde et d’autres productions agricoles sont également visées par les projets de transformation locale. L’objectif affiché consiste à structurer une économie davantage tournée vers la production industrielle et la valorisation des ressources nationales.

Cette orientation s’accompagne d’investissements dans les infrastructures logistiques, énergétiques et routières destinées à soutenir les activités industrielles. Les autorités béninoises considèrent que la question industrielle ne peut être dissociée de celle des équipements publics, du transport et de la circulation des marchandises.

Le projet GDIZ s’inscrit aussi dans une logique de repositionnement régional. Dans un contexte de concurrence économique entre plusieurs pays ouest-africains, le Bénin cherche à attirer des investisseurs intéressés par les activités de transformation et d’exportation.

Pour le Bénin, l’industrialisation représente désormais une question de souveraineté économique. La dépendance historique aux matières premières non transformées est régulièrement présentée comme l’une des limites structurelles des économies africaines.

Les autorités béninoises défendent ainsi l’idée d’un modèle économique davantage orienté vers la production locale, l’emploi industriel et l’augmentation de la valeur ajoutée créée sur le territoire national.

Des interrogations subsistent néanmoins sur la capacité du pays à maintenir durablement cette dynamique industrielle, notamment face aux exigences liées à l’énergie, à la formation technique et à la compétitivité internationale. Plusieurs économistes soulignent également l’importance d’un développement industriel capable d’avoir des retombées visibles sur l’ensemble du tissu économique national.

Malgré ces défis, la GDIZ apparaît aujourd’hui comme l’un des principaux symboles de la nouvelle orientation économique engagée par le Bénin.

À travers ce projet, les autorités cherchent à installer l’image d’un pays qui ne souhaite plus seulement produire des matières premières, mais participer davantage aux différentes étapes de création de valeur.

Hervé Ganhouégnon

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