ECONOMIE

Bénin : du soja au textile, la transformation locale commence à produire des résultats

947vues

Bénin : du soja au textile, la transformation locale commence à produire des résultats

Le Bénin exporte progressivement davantage de produits transformés. C’est l’un des points mis en avant dans le rapport annuel 2025 de l’Agence de Promotion des Investissements et des Exportations, qui revient sur l’évolution de plusieurs filières agricoles et industrielles du pays.

Les chiffres publiés montrent une hausse des exportations de produits issus de la transformation locale. L’huile de soja affiche une progression de 265 %, les amandes de cajou transformées augmentent de 101,5 %, tandis que les exportations de beurre de karité progressent de 76,1 %. Le textile enregistre également une hausse de 35,6 %.

Derrière ces données se trouve une orientation économique engagée depuis plusieurs années : transformer une partie des matières premières sur le territoire national avant leur exportation.

Pendant longtemps, le Bénin a surtout exporté des produits bruts comme le coton, le soja ou les noix de cajou. Une grande partie de la valeur ajoutée était ensuite créée à l’étranger, dans les pays chargés de la transformation industrielle. Aujourd’hui, les autorités cherchent à retenir une part plus importante de cette activité sur place. Cette transformation se passe à la GDIZ.

Cette approche s’observe notamment dans les secteurs du soja, du cajou et du textile, où de nouvelles unités industrielles ont été installées ou renforcées ces dernières années.

Dans certaines zones industrielles, des usines transforment désormais les matières premières avant leur expédition vers les marchés extérieurs. Le coton béninois, par exemple, n’est plus uniquement exporté sous forme brute. Une partie est utilisée dans la fabrication textile destinée à l’exportation.

Le rapport de l’APIEx revient également sur les mesures prises pour encourager cette politique. Plusieurs restrictions ont été appliquées sur l’exportation de certaines matières premières non transformées, avec l’objectif d’inciter les industriels à investir localement.

Pour les producteurs agricoles, cette évolution peut représenter de nouveaux débouchés. Les unités de transformation ont besoin d’un approvisionnement régulier en matières premières, ce qui crée une relation plus directe entre agriculture et industrie.

Dans le secteur du cajou, par exemple, la transformation locale permet de produire des amandes prêtes à l’exportation plutôt que de vendre uniquement les noix brutes. Le même principe s’applique au soja, désormais utilisé dans la fabrication d’huile et d’autres produits dérivés.

Cette orientation soulève aussi plusieurs défis. Les industriels doivent faire face aux coûts de production, aux besoins en énergie, au transport, à la formation technique et à la disponibilité des équipements. La question de la compétitivité reste également importante face aux marchés internationaux.

Mais malgré ces contraintes, les données du rapport montrent que les produits transformés occupent une place plus visible dans les exportations béninoises.

À travers cette politique, le gouvernement cherche notamment à créer davantage d’emplois industriels et à développer des activités capables de générer plus de revenus que la simple exportation de matières premières brutes.

Le textile fait partie des secteurs les plus observés dans cette évolution. Avec le développement des unités de transformation du coton, le Bénin tente progressivement de se positionner sur une chaîne de production allant de la matière première jusqu’aux produits finis destinés aux marchés internationaux.

Hervé Ganhouégnon 

Laisser une reponse