
Entrepreneuriat : le Bénin franchit le cap des 55 000 entreprises créées en 2025
Le tissu entrepreneurial béninois continue de s’élargir. En 2025, 55 345 entreprises ont été enregistrées, selon les données publiées par l’Agence de Promotion des Investissements et des Exportations (APIEx). Le chiffre traduit une progression de 11,3 % par rapport à l’année précédente et confirme l’intérêt croissant des porteurs de projets pour les activités formelles.
Derrière cette évolution se dessine une transformation progressive du paysage économique national. Les créations d’entreprises ne concernent plus uniquement le petit commerce traditionnel. Le numérique, les services, le bâtiment, la logistique ou encore certaines activités de transformation attirent désormais une nouvelle génération d’entrepreneurs.
Pour de nombreux observateurs, cette hausse s’explique en partie par les réformes administratives engagées ces dernières années. Les procédures de création d’entreprise sont devenues plus rapides, avec une place plus importante accordée aux services en ligne et à la simplification des démarches. Plusieurs formalités qui exigeaient auparavant des déplacements et de longs délais peuvent désormais être accomplies dans des délais réduits.
Le rapport de l’APIEx montre également que les petites et moyennes entreprises restent majoritaires dans les nouvelles immatriculations. Beaucoup d’initiatives proviennent de jeunes entrepreneurs qui tentent de structurer leurs activités ou de se positionner sur de nouveaux marchés.
Dans les grandes villes comme Cotonou, Abomey-Calavi, Porto-Novo ou Parakou, le phénomène est visible à travers la multiplication des agences de services, des entreprises technologiques, des structures de communication, des commerces spécialisés et des activités liées au transport ou à la restauration.
Cette dynamique intervient dans un contexte où les autorités béninoises cherchent à encourager davantage la formalisation des activités économiques. L’enregistrement officiel d’une entreprise facilite notamment l’accès aux marchés publics, aux services bancaires, aux financements et à certains dispositifs d’accompagnement.
Les données du rapport indiquent aussi une présence croissante des femmes dans l’entrepreneuriat formel, même si plusieurs défis demeurent, notamment l’accès au crédit, la fiscalité, la concurrence informelle ou encore la pérennité des jeunes entreprises.
Au-delà du volume de créations, une autre question reste posée : combien de ces entreprises réussiront à se maintenir dans le temps ? Car créer une entreprise constitue une étape, mais assurer sa stabilité et sa croissance en est une autre. Les difficultés liées au financement, aux charges d’exploitation ou au marché continuent de fragiliser de nombreuses structures après leurs premières années d’existence.
Malgré ces contraintes, les chiffres publiés par l’APIEx traduisent une activité entrepreneuriale soutenue. Ils donnent aussi une indication sur l’évolution des comportements économiques dans le pays, où de plus en plus de jeunes diplômés et de travailleurs indépendants choisissent de lancer leurs propres activités plutôt que de dépendre uniquement de l’emploi salarié.
Selon le rapport, les secteurs du commerce, des services et du numérique figurent parmi les domaines ayant enregistré le plus grand nombre de nouvelles entreprises en 2025.
Hervé Ganhouégnon






