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CEMAC : 70% des devises extractives devront être rapatriées d’ici 2028, selon la BEAC

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CEMAC : 70% des devises extractives devront être rapatriées d’ici 2028, selon la BEAC

La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) engage une nouvelle phase de sa politique de contrôle des flux de devises dans la zone CEMAC. L’institution monétaire prévoit de relever progressivement le niveau de rapatriement des recettes en devises issues des industries extractives, avec un objectif fixé à 70% à l’horizon 2028.

Cette orientation s’inscrit dans une dynamique de renforcement de la stabilité financière et de consolidation des réserves de change de la sous-région, fortement dépendante des exportations de pétrole, de gaz et de minerais.

Le nouveau calendrier annoncé repose sur une approche graduelle. Le taux de rapatriement, actuellement inférieur au seuil cible, devrait connaître plusieurs ajustements successifs.

Dès 2027, les entreprises du secteur extractif seraient appelées à rapatrier une part plus importante de leurs recettes en devises. L’objectif intermédiaire est d’atteindre 50%, avant de porter ce niveau à 70% en 2028.

Cette progression par étapes vise à éviter un choc brutal pour les opérateurs économiques, tout en renforçant progressivement le contrôle des flux financiers extérieurs.

La mesure répond à une préoccupation structurelle des autorités monétaires de la CEMAC : la sécurisation des réserves de change.

En captant une part plus importante des revenus d’exportation, la BEAC entend améliorer la liquidité en devises au niveau régional. L’objectif est également de réduire la pression sur les réserves extérieures, dans un contexte marqué par la volatilité des marchés des matières premières.

Cette politique s’inscrit dans une logique plus large de stabilisation du cadre macroéconomique de la zone.

Le secteur extractif au cœur du dispositif

Les industries extractives constituent la principale source de devises pour les économies de la CEMAC. Leur poids dans les exportations rend leur encadrement stratégique pour les autorités monétaires.

Toutefois, le durcissement progressif des règles de rapatriement soulève également des enjeux d’adaptation pour les entreprises concernées, notamment en matière de gestion de trésorerie et de structuration financière.

Au-delà de l’aspect technique, cette évolution traduit une volonté claire de renforcer la souveraineté financière de la zone CEMAC. En augmentant le niveau de centralisation des devises, la BEAC cherche à mieux piloter la politique monétaire régionale.

Reste que l’efficacité de cette réforme dépendra de sa mise en œuvre progressive et de la capacité des États membres à maintenir un équilibre entre contrôle des flux et attractivité du secteur extractif.

Hervé Ganhouégnon

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