Capital hybride : la BOAD attire les investisseurs avec une émission de 500 millions de dollars

Capital hybride : la BOAD attire les investisseurs avec une émission de 500 millions de dollars
La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) est en passe de finaliser une émission de capital hybride de 500 millions de dollars, une opération qui suscite un vif intérêt auprès des investisseurs. L’instrument, d’une maturité de 30 ans avec une première option de remboursement anticipé en février 2030, a attiré des ordres dépassant 1,4 milliard de dollars. Ce succès a permis à la banque régionale de fixer un rendement de 8,5%, selon des sources proches du dossier.
Initialement prévue en 2022, mais reportée en raison de conditions financières défavorables, cette opération, baptisée “Projet Blossom”, représente une étape importante dans la stratégie de renforcement du capital de la BOAD. La banque mise sur les instruments hybrides pour accroître sa capacité de financement et répondre aux besoins croissants des pays de l’UEMOA.
Cette émission n’est pas une première pour la BOAD. En décembre 2023, elle avait réalisé une première levée de fonds de 100 millions de dollars auprès de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA). En août 2024, une seconde émission de 100 millions d’euros avait été conclue avec le Fonds italien pour le climat, géré par la Cassa Depositi e Prestiti (CDP), dans le but de financer des projets liés à la transition énergétique au sein de l’UEMOA.
L’émission actuelle se distingue par son ouverture au public, prenant la forme d’une obligation hybride. Cet instrument financier, à mi-chemin entre la dette classique et les fonds propres, est considéré par Moody’s et Fitch comme un levier de renforcement du bilan de la banque. La moitié des 500 millions de dollars levés sera comptabilisée comme du capital, renforçant ainsi les fonds propres de niveau 2 de la BOAD.
En cas de difficultés financières, les détenteurs de cette dette hybride seront remboursés après les créanciers ordinaires, mais avant les actionnaires. La BOAD se réserve également le droit de suspendre le paiement des intérêts, notamment si son ratio fonds propres/actifs venait à chuter en dessous de 18%. Ce ratio s’élevait à 35,27% fin 2023, contre environ 26% en 2020.
Avec cette opération, la BOAD, dont les engagements depuis sa création dépassent 9 000 milliards de FCFA (14,26 milliards de dollars), rejoint d’autres institutions financières africaines telles que la Banque africaine de développement (BAD) et Africa Finance Corporation (AFC) qui ont également émis des titres hybrides. Le taux fixé pour la BOAD (Baa1) est supérieur aux rendements actuels de ses homologues mieux notés, avec 6,2% pour la BAD (AAA) et 7,9% pour l’AFC (A3) par Moody’s.
Cette troisième levée de fonds marque l’achèvement de la stratégie de la BOAD visant à renforcer ses fonds propres sans dilution du capital et à maintenir une notation “investment grade”. En décembre 2022, la banque avait annoncé une augmentation de son capital de 1 155 à 1 709 milliards de FCFA (+48%), une opération validée en mars 2023 par le Conseil des ministres de l’UEMOA. Cette augmentation avait impliqué les huit États membres, la BCEAO et sept actionnaires non régionaux.
Avec plus de 700 millions de dollars collectés en trois opérations, la mission semble accomplie pour Serge Ekué, président de la BOAD, dont le projet d’augmentation de capital était l’un des engagements phares de son mandat et du plan Djoliba (2021-2025).







