
Port de Cotonou : ce que les investissements récents changent pour le commerce régional
Le Port autonome de Cotonou poursuit sa transformation avec plusieurs projets destinés à accroître ses capacités et à améliorer la circulation des marchandises. Cette évolution intervient alors que la plateforme portuaire conserve un rôle important dans l’approvisionnement du Bénin et des pays de l’hinterland ouest-africain.
En 2025, le trafic global du port a atteint 14,7 millions de tonnes, en hausse de 52 % sur un an. Cette progression intervient dans un contexte régional marqué par des difficultés sur plusieurs corridors commerciaux.
Pour accompagner cette activité, plusieurs investissements sont en cours. Le projet de construction du Terminal 5 prévoit notamment des travaux de dragage du bassin portuaire. Le Port autonome de Cotonou a encore annoncé en juin 2026 des opérations de dragage liées à ce chantier.
Le Terminal 5 doit permettre d’accroître les capacités de traitement et de stockage des marchandises en vrac et diverses. Le projet bénéficie notamment d’un financement de 80 millions d’euros de la Banque africaine de développement, dans le cadre du programme de modernisation du port. L’objectif est d’augmenter les volumes traités, de réduire les temps d’attente des navires et d’améliorer le traitement du fret.
La modernisation concerne également la circulation terrestre des marchandises. Le parking Zongo, opérationnel depuis mai 2026, fait partie du dispositif destiné à organiser l’accès des poids lourds et à réduire les congestions autour de la plateforme portuaire. Le projet prévoit un système de gestion intégré et numérisé connecté aux bases de données du port et au guichet unique du commerce extérieur.
Un autre chantier concerne la zone logistique du port. L’Africa Logistics Zone doit s’étendre sur plus de 50 hectares et accueillir des activités permettant d’apporter davantage de valeur aux marchandises en transit. Le projet vise notamment les flux à destination des marchés de la sous-région.
Le concessionnaire du terminal à conteneurs, Benin Terminal, a également engagé un programme d’investissement de 165,5 millions d’euros pour moderniser ses installations et acquérir de nouveaux équipements. Le financement du projet a été investi en mars 2026, selon les informations publiées par la Société financière internationale (IFC).
Ces différents projets peuvent avoir des effets au-delà du territoire béninois. Cotonou sert notamment de point de transit pour des pays enclavés comme le Niger, le Burkina Faso et le Mali. Une hausse des capacités portuaires et une réduction des délais de traitement peuvent donc se répercuter sur les coûts et les délais d’acheminement des marchandises vers ces marchés.
L’enjeu est aussi de conserver une place dans la concurrence entre les grands ports de la côte ouest-africaine. Pour les importateurs, les transporteurs et les entreprises industrielles, la qualité d’un corridor ne dépend pas seulement de la capacité d’un port à recevoir les navires. Elle repose également sur la rapidité des formalités, la disponibilité des espaces de stockage, l’organisation du transport terrestre et la fiabilité des connexions avec les marchés de destination.
C’est sur cette chaîne logistique que les investissements réalisés ou en cours au Port de Cotonou peuvent produire leurs effets. Si les différents chantiers atteignent les objectifs prévus, le port disposera de capacités supplémentaires pour traiter les marchandises et d’outils destinés à faciliter leur acheminement vers le Bénin et les pays voisins.
Le défi sera désormais de convertir l’amélioration des infrastructures en gains pour les opérateurs économiques : délais plus courts, coûts logistiques mieux maîtrisés et capacité à attirer davantage de flux régionaux. Avec 14,7 millions de tonnes de marchandises traitées en 2025, le Port de Cotonou dispose déjà d’un niveau d’activité important. Les investissements engagés doivent maintenant permettre d’accompagner cette progression et de consolider son rôle dans les échanges ouest-africains.







