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Plan stratégique 2027 à 2031 : la fin du Conseil Économique et Social d’apparat

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Plan stratégique 2027 à 2031 : la fin du Conseil Économique et Social d’apparat

Oubliez les chambres d’enregistrement et les avis de pure forme. Le 20 août 2026, le Bénin a acté la mort de son ancien Conseil Économique et Social. Portée par Abdoulaye Bio Tchané et une réforme organique majeure, la nouvelle mandature transforme l’institution en un véritable radar stratégique. Décryptage d’une révolution institutionnelle qui redéfinit les règles du jeu économique en Afrique de l’Ouest.

Abdoulaye Bio Tchané ne mâche pas ses mots. Le président du Conseil Économique et Social connaît les failles de son institution. Il l’a confessé publiquement lors du lancement officiel à Cotonou. L’institution consulaire s’est affaiblie au fil des mandatures. Elle est devenue moins utile pour la communauté. Elle a perdu en pertinence pour le gouvernement et l’Assemblée nationale.

Le lancement du plan stratégique 2027 à 2031 n’est pas une simple formalité administrative. C’est un acte de survie pour la huitième mandature. Bio Tchané cite Benjamin Franklin. Il rappelle que ne pas planifier revient à planifier son échec. Cette phrase n’est pas une figure de style. C’est le constat froid d’une gouvernance publique qui ne peut plus se permettre de naviguer à vue. Le ministre de l’Économie et des Finances l’a d’ailleurs pleinement ressenti en ouvrant la cérémonie.

Une refonte territoriale de l’intelligence économique

La mutation repose sur un socle juridique nouveau. Célestin Guidime, rapporteur du comité d’orientation et de supervision, a détaillé cette architecture inédite. La loi organique numéro 2024 à 26 du 17 juin 2026 change tout. Elle ne se contente pas de rénover les procédures. Elle crée un Conseil national épaulé par des conseils départementaux.

C’est une rupture paradigmatique. L’intelligence économique et sociale descend désormais dans les territoires. Le Conseil sort de son palais de Cotonou pour aller au contact des réalités locales. Guidime le dit clairement. Sans cette boussole, l’institution prendrait le risque de naviguer à l’aveugle. Le plan de cinq ans devient le cadre de référence absolu. Il sert à anticiper les crises et à calibrer les réponses aux attentes des populations et des autorités publiques.

Le choc de réalité du ministère des Finances

Le gouvernement attend des résultats, pas des discours. Aristide Mèdénou, ministre de l’Économie et des Finances, a fixé le cap avec une brutalité nécessaire. Il a rappelé que le rôle consultatif du Conseil doit être pivot. Il a énoncé trois priorités nationales absolues que le document devra intégrer.

La première est l’éradication de l’extrême pauvreté. Le ministre a pointé une faille béante du modèle économique. Environ 70 pour cent des pauvres extrêmes travaillent dans le secteur agricole. La conclusion est implacable. Si les agriculteurs produisent et vendent mieux, la pauvreté reculera mécaniquement. Le Conseil doit intégrer cette réalité brute dans sa matrice stratégique pour améliorer concrètement les conditions de vie.

Territorialisation et digitalisation comme leviers de puissance

Les deux autres priorités du gouvernement complètent ce triptyque. La territorialisation de l’action publique n’est plus une option. C’est une nécessité pour réduire les fractures spatiales et ancrer le développement partout sur le territoire.

Enfin, le ministre a insisté sur le digital et la promotion de l’innovation. Le Bénin veut passer d’une économie de subsistance à une économie de connaissance. Le Conseil Économique et Social doit être le catalyseur de cette transition. Il doit fournir aux décideurs des analyses prospectives fiables pour accompagner ce saut technologique.

L’exigence comme nouvelle doctrine

La conclusion d’Abdoulaye Bio Tchané scelle cette nouvelle ère. Il affirme que l’avenir du pays se bâtit avec la paix et avec l’exigence. Ce mot résume toute la démarche. L’époque de la complaisance institutionnelle est révolue.

Le Conseil Économique et Social de la huitième mandature se veut tranchant, rigoureux et profondément ancré dans le réel. Pour les observateurs internationaux, le signal est clair. Le Bénin ne se contente plus de subir les chocs économiques. Il se donne les moyens institutionnels de les anticiper et de les maîtriser.

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