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Moody’s relève la note du Bénin à « Ba3 » et maintient une perspective stable

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Moody’s relève la note du Bénin à « Ba3 » et maintient une perspective stable

L’agence Moody’s a relevé d’un cran la note souveraine du Bénin, de « B1 » à « Ba3 », tout en ramenant la perspective de positive à stable. Cette décision traduit, selon l’agence, l’amélioration progressive du profil de crédit du pays au cours des dernières années.

Le relèvement concerne les notes d’émetteur en monnaie locale et en devises, ainsi que la dette de Benin Sukuk S.A., le véhicule ad hoc détenu par l’État. La note « Ba3 » reste toutefois trois crans en dessous de la catégorie investissement, qui constitue notamment le seuil pris en compte par de nombreux investisseurs institutionnels.

Moody’s salue la continuité des politiques économiques

La décision intervient dix semaines après l’investiture, le 24 mai, de Romuald Wadagni, qui a dirigé le ministère de l’Économie et des Finances de 2016 à 2026. Il est également présenté par Moody’s comme l’un des principaux artisans de la stratégie d’endettement mise en œuvre ces dernières années.

Élu président de la République le 12 avril, Romuald Wadagni a placé la poursuite des réformes au centre de son mandat de sept ans. Pour Moody’s, la continuité des politiques publiques justifie notamment le maintien d’une perspective stable.

L’agence relève également les performances de l’économie béninoise. Le PIB a progressé de 8,1 % en 2025, soit son rythme de croissance le plus élevé depuis 1990. Depuis 2018, la croissance s’établit en moyenne à 6,6 % par an. Moody’s prévoit un rythme compris entre 6,5 % et 7 % jusqu’à la fin de la décennie.

Ces résultats ont été enregistrés malgré plusieurs chocs, notamment la pandémie de Covid-19, les conséquences des guerres en Ukraine et au Proche-Orient, ainsi que la fermeture des frontières avec le Nigeria et le Niger, deux partenaires commerciaux importants du Bénin.

Le rebasage du PIB modifie les principaux ratios

Le changement d’année de référence des comptes nationaux, passée de 2015 à 2023, a entraîné une réévaluation d’environ 25 % du PIB nominal, désormais estimé à 29 milliards de dollars.

Moody’s continue toutefois d’utiliser l’ancienne base pour calculer certains ratios, faute de disposer d’une série complète. Sur cette base, la dette publique aurait atteint un pic de 61 % du PIB en 2023. Rapportée au nouveau PIB, elle représente 52 %. L’agence prévoit qu’elle reviendra autour de 55 % en 2028.

Le déficit de l’administration centrale a, pour sa part, été ramené à environ 3 % du PIB en 2025, contre 7 % en 2021. Dans le même temps, l’investissement public est resté proche de 8 % du PIB.

Les recettes fiscales ont progressé de 2,9 points de PIB depuis 2021. Elles restent néanmoins limitées par rapport aux autres pays de la même catégorie de notation. Les recettes totales, dons compris, atteignent 15,8 % du PIB, alors que la médiane des États notés « Ba » se situe à 27,2 %.

Une dette davantage étalée dans le temps

Le coût moyen pondéré de la dette béninoise s’établissait à 3,4 % à la fin de 2025. La maturité moyenne de l’encours est proche de neuf ans, tandis que celle de la dette intérieure est passée de 2,8 ans en 2019 à 4,9 ans.

La dette extérieure représente 77 % de l’encours. Moody’s relève toutefois que 85 % de cette dette est libellée en euro ou en franc CFA, ce qui limite l’exposition au risque de change grâce à l’ancrage du franc CFA à l’euro. Les financements multilatéraux représentent 37 % de la dette.

Le Bénin a également diversifié ses sources de financement. Cotonou a émis en janvier un sukuk souverain, le premier de ce type en Afrique subsaharienne depuis plus d’une décennie. Le pays avait auparavant réalisé un emprunt en dollars sur 14 ans en 2024 et émis, en 2021, le premier eurobond africain indexé sur les Objectifs de développement durable.

Réuni le 4 août, le comité de notation de Moody’s a attribué au Bénin une note de solidité budgétaire de « ba2 », contre un score initial de « b3 ». L’agence explique cette révision par les effets attendus du rebasage des comptes nationaux et par la crédibilité de l’ancrage du franc CFA à l’euro. Les plafonds pays ont également été relevés à « Baa2 » en monnaie locale et à « Baa3 » en devises.

Moody’s identifie néanmoins plusieurs facteurs qui continuent de peser sur le profil de crédit du Bénin. Le revenu par habitant, évalué à 4 758 dollars en parité de pouvoir d’achat, reste inférieur à celui des autres pays de la catégorie « Ba », dont la médiane est cinq fois plus élevée.

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