SOCIETE

Gabon : un audit de la dette publique pour restaurer la confiance avant un accord avec le FMI

925vues

Gabon : un audit de la dette publique pour restaurer la confiance avant un accord avec le FMI

Le Gabon a engagé un vaste audit de sa dette publique dans le but de disposer d’une évaluation précise de ses engagements financiers avant la conclusion d’un éventuel programme avec le Fonds monétaire international (FMI).

Cette initiative, qui intervient dans un contexte de fortes pressions sur les finances publiques, est perçue comme une étape déterminante pour renforcer la crédibilité du pays auprès des bailleurs de fonds et des investisseurs internationaux.

À Libreville, le ministre de l’Économie, Thierry Minko, a récemment lancé les travaux du Comité d’audit et de consolidation des passifs exigibles de l’État. Cette structure est chargée de recenser, vérifier et consolider l’ensemble des dettes publiques afin d’établir une photographie fidèle de la situation financière du pays. Les conclusions de l’audit sont attendues à la mi-juillet 2026 et serviront de référence dans les discussions en cours avec le FMI.

Cette démarche fait suite aux interrogations soulevées par les autorités sur le niveau réel de l’endettement du pays. Selon le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, plusieurs estimations divergentes circulaient concernant la dette publique, certaines l’évaluant à 7 500 milliards de FCFA et d’autres à près de 8 000 milliards de FCFA.

Face à ces écarts, le chef de l’État a exigé un audit complet avant tout engagement avec le FMI, estimant indispensable de connaître « la vérité des chiffres » avant de signer un programme susceptible d’engager durablement le pays.

Au-delà de la simple vérification comptable, l’opération vise également à identifier d’éventuelles irrégularités dans la gestion passée des finances publiques. Les autorités évoquent notamment des projets non réalisés malgré des financements mobilisés, des fonds qui n’auraient pas été reversés au Trésor public ainsi que des manquements aux règles budgétaires observés au cours des années précédentes.

Le FMI suit de près cette initiative qu’il considère comme une étape importante dans la préparation d’un futur programme d’appui financier.

Le Gabon a officiellement sollicité l’accompagnement de l’institution afin de stabiliser ses finances publiques alors que sa dette est devenue une préoccupation majeure. Selon certaines projections, l’encours de la dette pourrait dépasser 80 % du PIB, un niveau supérieur au plafond communautaire fixé au sein de la CEMAC.

Pour Libreville, l’enjeu dépasse désormais la seule recherche de financements. L’audit de la dette s’inscrit dans une stratégie plus large visant à améliorer la transparence budgétaire, renforcer la gouvernance économique et restaurer la confiance des partenaires internationaux.

Dans un contexte où les marchés financiers accordent une importance croissante à la qualité de l’information financière, les autorités gabonaises espèrent faire de cet exercice un signal fort de leur volonté de rupture avec les pratiques du passé.

Si les résultats attendus confirment la volonté de transparence affichée par le gouvernement, le Gabon pourrait disposer d’un argument de poids pour convaincre le FMI et les investisseurs de la solidité de sa trajectoire de redressement économique.

Hervé Ganhouégnon

Laisser une reponse