
Financement du développement : la BAD veut mobiliser davantage de capitaux africains
La Banque africaine de développement (BAD) propose de renforcer les liens entre les banques centrales et les institutions financières du continent afin de mobiliser davantage de ressources pour financer le développement de l’Afrique. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD).
La Banque africaine de développement veut accroître la contribution des ressources financières africaines au financement du développement du continent. En marge des Assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, organisées à Bangkok, en Thaïlande, du 12 au 18 octobre 2026, l’institution a échangé avec les gouverneurs des banques centrales africaines sur les moyens de renforcer leur coopération.
La rencontre, tenue le 12 octobre, a porté notamment sur les possibilités d’accroître les capacités de mobilisation de ressources de la BAD. Le gouverneur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Jean-Claude Kassi Brou, a pris part aux discussions et réaffirmé l’intérêt de l’institution ouest-africaine pour ce partenariat.
Trois pistes de coopération
Au cours des échanges, la BAD a présenté trois axes de coopération. Le premier prévoit d’encourager les banques centrales africaines à investir davantage dans les titres émis par la Banque. Le deuxième porte sur le développement des prêts en monnaies locales grâce à des mécanismes de partenariat en matière de liquidité. Le troisième vise la mise en place d’une plateforme de conseil en gestion de trésorerie et d’actifs, destinée à améliorer les capacités de gestion des investissements des institutions financières.
Ces propositions doivent encore faire l’objet de discussions techniques, notamment sur les conditions juridiques et les critères d’éligibilité des investissements.
L’objectif est de mieux orienter les ressources disponibles sur le continent vers les besoins de financement des infrastructures, de l’énergie, de l’agriculture et des autres secteurs productifs.
Un déficit de financement de 400 milliards de dollars
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), portée par la BAD. Selon l’institution, l’Afrique fait face à un déficit de financement du développement estimé à plus de 400 milliards de dollars par an, alors que les ressources financières présentes sur le continent sont considérables.
La NAFAD vise ainsi à améliorer la mobilisation et l’utilisation de ces capitaux, en renforçant la coordination entre les banques, les fonds de pension, les compagnies d’assurance, les institutions de financement du développement et les marchés de capitaux.
Pour la BAD, une meilleure coopération entre ces acteurs pourrait permettre de diriger davantage de ressources vers les investissements de long terme et de réduire les obstacles au financement des projets africains.
La mise en œuvre de cette architecture dépendra toutefois des modalités retenues, des engagements des institutions participantes et de la capacité à transformer ces propositions en mécanismes de financement opérationnels.







