
CEMAC : Un rebond économique à 4 %, entre optimisme mesuré et impératifs de diversification
La Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) s’apprête à clore l’année 2025 sur une note positive, affichant une croissance moyenne attendue de près de 4 %. Ces prévisions, émanant des dernières perspectives économiques de la Banque mondiale (notamment son rapport Africa Pulse d’octobre 2025), signalent un rebond modéré, mais saluent la résilience de la zone face à un environnement mondial souvent turbulent.
Cette embellie économique repose sur plusieurs facteurs convergents. D’abord, l’amélioration des termes de l’échange et la stabilisation des prix pétroliers, dont dépendent plusieurs pays membres, ont apporté un souffle nouveau aux finances de la sous-région. Ensuite, le repli de l’inflation régionale, désormais ramenée autour de 4 %, a permis aux banques centrales d’assouplir légèrement leur politique monétaire.
Cet assouplissement a joué un rôle important en relançant la consommation intérieure et l’investissement privé, soutenant ainsi la dynamique observée dans des économies clés comme le Cameroun, le Gabon et le Congo.
La Banque mondiale souligne ainsi que cette performance intervient après une période d’ajustements budgétaires nécessaires, marquée par une inflation et des taux d’endettement élevés. L’effort de stabilisation porte donc ses fruits, mais le chemin vers un essor durable reste parsemé d’obstacles.
Le double défi de la diversification et de l’emploi
Malgré ce taux de croissance prometteur, la région reste confrontée à de profondes fragilités structurelles. Le niveau de croissance de 4 % est jugé insuffisant au regard des besoins démographiques pressants, et ne garantit pas une réduction durable de la pauvreté.
Le principal défi demeure la diversification économique et la création d’emplois de qualité. En effet, la croissance de la plupart des États membres continue de reposer massivement sur l’exportation d’hydrocarbures et de matières premières. L’industrie manufacturière et, de manière générale, le secteur agricole, demeurent tragiquement sous-exploités, limitant le potentiel de transformation structurelle et de création de richesse inclusive.
Face à cette dépendance aux ressources extractives, la Banque mondiale insiste sur la nécessité d’un changement de paradigme. Elle plaide pour l’adoption d’un modèle de croissance fondé sur l’augmentation de la productivité, l’innovation et la montée en gamme des entreprises locales.
Consolider la reprise : Gouvernance et intégration
Pour transformer ce rebond conjoncturel en une prospérité durable, la stabilité politique et les réformes de gouvernance s’annoncent comme des facteurs déterminants. La CEMAC dispose pourtant d’atouts non négligeables : un marché commun potentiel, une monnaie stable et des ressources naturelles abondantes.
Pour capitaliser sur ces forces, la sous-région doit accélérer son processus d’intégration régionale et améliorer de manière significative la connectivité des infrastructures. La croissance à 4 % est un signal encourageant, mais elle ne se traduira en véritable prospérité que si elle est consolidée par un essor réel du secteur privé et la promotion de l’emploi productif. En d’autres termes, le moteur de la croissance de demain doit être celui de l’entrepreneuriat diversifié, et non plus uniquement celui des puits de pétrole.






