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CEMAC : les capitaux nationaux contrôlent désormais 42,6 % des banques

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CEMAC : les capitaux nationaux contrôlent désormais 42,6 % des banques

Le paysage bancaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) connaît une recomposition de son actionnariat. Selon le rapport annuel 2025 de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), les établissements contrôlés par des capitaux nationaux, publics ou privés, représentaient 42,6 % des banques en activité à fin décembre 2025, contre 32,1 % un an plus tôt.

Sur les 54 banques recensées dans les six pays de la sous-région, 23 étaient contrôlées par des investisseurs nationaux. Dans le même temps, le nombre d’établissements à capitaux majoritairement étrangers est passé de 38 à 31. Cette évolution s’explique notamment par le retrait de certains groupes européens, les changements d’actionnaires et les opérations de fusion-acquisition entre banques.

Plusieurs opérations illustrent cette transformation. Au Cameroun, l’État a renforcé sa participation dans l’ancienne filiale locale de Société Générale. Au Congo, la fusion de Société Générale Congo avec BGFIBank Congo a consolidé la présence du groupe gabonais. En Guinée équatoriale, le groupe Vista a également repris Société Générale de Banques en Guinée équatoriale. À l’inverse, la cession des activités de Standard Chartered au groupe nigérian Access Bank montre que l’arrivée d’un investisseur africain ne signifie pas nécessairement un contrôle national au sens des critères de la COBAC.

Un secteur rentable, mais exposé à des risques

Cette recomposition intervient alors que les banques de la CEMAC affichent des résultats en progression. En 2025, leur bénéfice net cumulé a atteint 524 milliards de FCFA, en hausse de 16,4 % sur un an. Le total de leurs actifs s’est établi à 27 536 milliards de FCFA, tandis que les crédits bruts à la clientèle ont progressé de 12 %, à 13 998 milliards de FCFA.

Le secteur reste toutefois confronté à des difficultés. Les créances en souffrance ont augmenté de 10,9 %, pour atteindre 2 244 milliards de FCFA, soit environ 16 % des crédits bruts. L’exposition des banques aux États de la sous-région constitue également un point de vigilance.

Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2026, le capital social minimum exigé des banques a été relevé à 25 milliards de FCFA. Cette mesure oblige les actionnaires à renforcer les fonds propres de leurs établissements ou à envisager des rapprochements pour se conformer aux exigences réglementaires.

La progression des capitaux nationaux modifie donc la répartition du contrôle des banques en Afrique centrale. L’enjeu sera désormais de préserver leur solidité financière et de soutenir davantage le financement des entreprises et des ménages. La part des banques détenues localement ne suffit pas, à elle seule, à mesurer leur capacité à répondre aux besoins de l’économie.

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