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Bénin : le PND 2026-2035, première marche concrète vers 2060

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Bénin : le PND 2026-2035, première marche concrète vers 2060

Approuvé le 13 mai 2026, le Plan National de Développement 2026-2035 traduit la Vision Bénin 2060 en chiffres et en priorités. Montée en puissance du secteur secondaire, réduction des inégalités et renforcement de l’État de droit : ce document marque le passage des ambitions aux indicateurs mesurables.

Le Conseil des ministres a approuvé le 13 mai 2026 le Plan National de Développement 2026-2035. Première phase opérationnelle de la Vision Bénin 2060, ce texte s’appuie sur la loi n°2025-16 du 10 juillet 2025 et organise l’action publique pour les dix prochaines années. Il constitue la première des quatre étapes prévues jusqu’à l’horizon 2060.
Trois objectifs chiffrés structurent l’ambition.

La part moyenne du secteur secondaire dans le PIB doit progresser de 16,3 % sur la période 2015-2024 à 21,1 % entre 2026 et 2035. L’indice de Gini doit reculer de 34,4 en 2021 à environ 30 en moyenne sur la décennie. L’indice de l’État de droit doit s’améliorer de 0,48 en 2024 à 0,52 en moyenne. Ces cibles visent une économie moins dépendante de l’agriculture de subsistance, une répartition plus équitable de la croissance et des institutions plus solides.

Le plan s’articule autour de dix-sept axes prioritaires qui couvrent la gouvernance et les institutions, la croissance industrielle et la transformation locale, l’agriculture et la sécurité alimentaire, les infrastructures et la logistique, l’énergie et la transition, l’emploi et le capital humain, la santé publique, l’éducation et la recherche, l’inclusion sociale, les finances publiques, le numérique et l’innovation, l’environnement et la résilience climatique, le développement territorial, la culture et les valeurs endogènes, la sécurité et la paix sociale, les partenariats et l’intégration régionale, ainsi que le suivi-évaluation et la redevabilité.

Cette architecture entend éviter la dispersion en reliant chaque domaine aux objectifs macroéconomiques et sociaux.
Dans l’agriculture, le PND mise sur l’agro-industrialisation avec une mécanisation ciblée, la transformation locale et une meilleure intégration aux marchés régionaux. L’objectif consiste à augmenter la valeur ajoutée et à créer des emplois ruraux formels au-delà de la production vivrière traditionnelle.

Dans l’industrie, la priorité porte sur la relocalisation et la montée en gamme manufacturière. Le développement de zones industrielles, des incitations fiscales et des projets dans l’agro-alimentaire et la transformation minière doit permettre d’atteindre la cible de contribution du secteur secondaire au PIB.

Pour les services, le plan promeut la numérisation, l’extension des services financiers et le renforcement de la logistique afin d’améliorer la productivité et l’inclusion financière.

Les infrastructures constituent un socle essentiel. Des investissements massifs sont annoncés dans les routes, les ports, l’énergie et l’eau pour réduire les coûts logistiques et garantir la fiabilité énergétique nécessaire à la compétitivité industrielle.

L’État doit recentrer ses efforts sur les politiques industrielles, les infrastructures productives et la modernisation administrative. Le secteur privé trouve des opportunités dans la transformation locale, l’agro-industrie, l’énergie et la logistique, avec des appels à projets et partenariats public-privé attendus. La société civile et les bailleurs disposeront d’indicateurs précis pour suivre les progrès sur les inégalités, l’accès aux services et la qualité des institutions.

Le prochain Programme d’Action du Gouvernement 2026-2033, qui sera élaboré après l’investiture présidentielle du 24 mai 2026 à Cotonou, sera particulièrement scruté pour sa cohérence avec ce PND et les engagements du nouveau mandat.

Le PND 2026-2035 fixe un cadre exigeant dans un contexte où la diversification économique reste inachevée, les inégalités persistantes et la solidité des institutions déterminante pour la confiance des investisseurs. Sa réussite tiendra à la discipline de mise en œuvre, à la mobilisation des ressources internes et à la capacité de maintenir le cap sur la durée.

Pour les observateurs internationaux, le Bénin entame une décennie test où les intentions affichées depuis plusieurs années devront se convertir en résultats tangibles et durables. Les chiffres sont posés. L’horloge a commencé à tourner.

Yêdafou KOUCHÉMIN / nùdokàn

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