
Afrique : la BAD veut mobiliser l’épargne de la diaspora pour financer le développement
La Banque africaine de développement (BAD) entend renforcer la contribution des Africains établis à l’étranger au financement du développement du continent. À cet effet, l’institution présentera, le 9 novembre 2026 à Paris, une nouvelle « Initiative Diaspora », destinée à orienter davantage les ressources financières, les compétences et les réseaux de la diaspora vers les investissements productifs en Afrique.
La mobilisation des ressources de la diaspora constitue un nouvel axe de la stratégie de financement de la BAD. Prévue aux Salons Hoche, dans la capitale française, cette rencontre de haut niveau réunira le président du Groupe de la Banque, Sidi Ould Tah, des responsables politiques, des investisseurs, des entrepreneurs et des représentants des communautés africaines établies à l’étranger.
L’initiative vise à dépasser le modèle traditionnel des transferts d’argent destinés principalement au soutien des familles. La BAD souhaite encourager une utilisation plus importante de ces ressources dans le financement des entreprises, les projets d’infrastructures, l’entrepreneuriat et les investissements créateurs d’emplois.
Au-delà des capitaux financiers, l’institution entend également valoriser les compétences professionnelles, l’expertise technique et les réseaux internationaux des Africains de l’étranger. Ces ressources pourraient contribuer au développement des entreprises et au transfert de connaissances et de technologies vers le continent.
Cette démarche intervient dans un contexte marqué par d’importants besoins de financement en Afrique. Selon les estimations présentées par la BAD, le continent dispose d’environ 4 000 milliards de dollars d’épargne intérieure de long terme, tandis que son déficit annuel de financement du développement dépasse 400 milliards de dollars.
Les transferts de fonds de la diaspora représentent également une source importante de ressources. Ils sont estimés à plus de 100 milliards de dollars par an. Pour la Banque, une meilleure structuration de ces flux pourrait permettre de les orienter davantage vers des investissements durables, en complément de leur rôle dans le soutien aux ménages.
Une initiative inscrite dans la nouvelle architecture financière africaine
L’Initiative Diaspora s’inscrit dans la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), portée par la BAD. Ce cadre vise à améliorer la mobilisation et l’utilisation des ressources financières disponibles sur le continent, en renforçant la coordination entre les institutions publiques, les banques, les investisseurs privés et les partenaires au développement.
La rencontre de Paris doit notamment permettre d’examiner les possibilités d’investissement, les partenariats financiers et institutionnels ainsi que les mécanismes susceptibles de transformer les ressources de la diaspora en projets économiques concrets.
Avec cette démarche, la BAD cherche à faire des communautés africaines établies à l’étranger des partenaires directs du financement et de la transformation économique du continent. L’enjeu sera de mettre en place des mécanismes adaptés pour renforcer la confiance des investisseurs et assurer une utilisation transparente des ressources mobilisées.







