
Bénin : les secteurs qui soutiennent la croissance et les risques à surveiller
L’économie béninoise devrait enregistrer une croissance de 7 % en 2026, selon les dernières prévisions de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. L’agriculture, les industries manufacturières, la construction et les services contribuent à cette évolution. Mais la hausse des coûts de l’énergie, les difficultés du commerce régional et les aléas climatiques restent des facteurs de risque.
L’économie béninoise poursuit sa progression en 2026. Après une croissance estimée à 8,1 % en 2025 par la Banque africaine de développement, le produit intérieur brut (PIB) devrait augmenter de 7 % cette année, selon les prévisions de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement publiées en octobre. Cette évolution repose notamment sur la production agricole, les activités industrielles, les travaux de construction et les investissements publics et privés.
La revue de milieu d’année 2026 de la Direction générale du budget confirme cette tendance. Elle relève le rôle des investissements réalisés dans la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), la progression de la production agricole et la poursuite des grands chantiers d’infrastructures. Ces activités contribuent à soutenir la demande intérieure et à développer les capacités de production du pays.
L’agriculture et l’industrie parmi les moteurs
L’agriculture conserve une place importante dans l’économie béninoise. La production de coton, de soja et d’autres cultures contribue à l’activité économique, aux exportations et aux revenus des producteurs. Les performances de ce secteur restent toutefois liées aux conditions climatiques, à la disponibilité des intrants et à l’évolution des cours internationaux.
L’industrie manufacturière constitue un autre axe de développement. La Zone industrielle de Glo-Djigbé accueille des activités de transformation, notamment dans la filière textile et la transformation de produits agricoles. L’objectif est de transformer davantage de matières premières sur place, d’accroître leur valeur ajoutée et de développer les exportations de produits finis ou semi-finis.
La construction participe également à la croissance, portée par les investissements dans les infrastructures économiques et sociales. Les transports et le commerce complètent cette dynamique. Le Port autonome de Cotonou conserve un rôle important dans les échanges du pays et dans les flux commerciaux avec les économies voisines.
Ces activités contribuent à diversifier progressivement les sources de croissance. Pour la Banque africaine de développement, le développement industriel, les infrastructures et l’amélioration du climat des affaires peuvent aider le Bénin à attirer de nouveaux investissements. L’institution estime cependant que le pays devra mobiliser des financements supplémentaires pour répondre à ses besoins en transport, en énergie, en éducation et en innovation.
Le coût de l’énergie et les risques extérieurs
Malgré ces perspectives, plusieurs facteurs pourraient peser sur l’activité. Dans ses perspectives économiques publiées en octobre 2026, la BERD souligne les risques liés à la hausse des coûts de l’énergie et des engrais, ainsi qu’aux difficultés sécuritaires dans le nord du pays.
Une hausse durable des prix du pétrole peut alourdir les coûts de transport et de production. Elle peut également augmenter les dépenses des entreprises et réduire le pouvoir d’achat des ménages. Pour les exploitants agricoles, le renchérissement des engrais et des autres intrants peut peser sur les coûts de production.
Le commerce régional constitue un autre enjeu. La fermeture persistante de la frontière avec le Niger limite certaines possibilités d’échanges, tandis que l’évolution de la conjoncture nigériane peut avoir des répercussions sur les activités commerciales du Bénin. Le pays reste en effet lié à son voisin par des flux de marchandises et des circuits de distribution importants.
Les aléas climatiques représentent également un risque pour l’agriculture et les infrastructures. Les épisodes de sécheresse, les inondations et les irrégularités des pluies peuvent affecter les récoltes, les revenus agricoles et l’approvisionnement des marchés.
Transformer la croissance en emplois et en revenus
Au-delà du rythme de progression du PIB, l’enjeu est de faire bénéficier davantage d’entreprises et de ménages des retombées de l’activité économique. La Banque africaine de développement rappelle que plus d’un tiers de la population vit encore dans la pauvreté et que des besoins importants persistent dans les infrastructures, la formation et l’industrialisation.
Le développement des unités de transformation, l’accès des petites et moyennes entreprises au financement et l’amélioration des infrastructures logistiques figurent parmi les leviers susceptibles d’élargir les effets de la croissance. La création d’emplois durables dépendra notamment de la capacité des entreprises à investir, à se développer et à accéder aux marchés.
Avec une croissance prévue à 7 % en 2026, le Bénin conserve des perspectives économiques favorables. La poursuite de cette dynamique dépendra toutefois de sa capacité à consolider ses secteurs productifs, à limiter les effets des chocs extérieurs et à mobiliser les investissements nécessaires à la transformation de son économie.
Hervé Ganhouégnon







