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Focus Spécial Economic Zones Investment Forum : la transformation locale au coeur de la stratégie africaine

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Focus Spécial Economic Zones Investment Forum : la transformation locale au coeur de la stratégie africaine

 C’est un tournant pour l’industrie béninoise. Ce mercredi 21 octobre 2026, s’est ouvert à Cotonou le Focus Special Economic Zones Investment Forum, la Société d’Investissement et de Promotion de l’Industrie (SIPI-Bénin), gestionnaire de la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), et Afreximbank ont uni leurs voix pour lancer un appel clair aux investisseurs africains et internationaux : l’heure n’est plus à exporter brut, mais à transformer sur place.

Le diagnostic, partagé par tous les intervenants, est sans appel. L’Afrique possède les terres, la jeunesse et les matières premières. Mais depuis des décennies, elle exporte son coton en balles, son anacarde brut et son soja non transformé, pour les racheter plus cher sous forme de vêtements et de produits finis.

Le Bénin en est l’illustration parfaite. Premier producteur de coton en Afrique, il a longtemps vu son or blanc filer vers l’Asie. Un non-sens historique quand on sait que sur cette même terre, les Rois du Danxomè faisaient du textile une mémoire : chaque pagne racontait une victoire, une identité, un symbole.

« Le vêtement a toujours été plus qu’un matériel chez nous, c’était une identité. Il est temps de renouer avec cet héritage, mais avec des usines modernes », a souligné le Directeur Général de la SIPI-Benin, Létondji Béhéton.

Le chiffre qui fait mal : en 2025, l’Afrique a importé plus de 40 milliards de dollars de textiles, alors qu’elle représente un tiers de la population mondiale pour moins de 2% de la capacité mondiale de tissage et confection.

La GDIZ, l’arme industrielle du Bénin

Face à cela, la GDIZ s’impose comme la réponse opérationnelle. Née du partenariat entre l’État béninois et ARISE IIP, la zone n’est plus un projet, mais une réalité qui tourne.

Aujourd’hui, la zone transforme localement le coton, l’anacarde, le soja, le karité et l’ananas. Elle a permis au Bénin de passer d’une économie de rente à une économie de production.

C’est ce modèle, déjà répliqué avec 6 parcs industriels opérationnels au Bénin, Togo, Tchad, Gabon, Rwanda et Tanzanie, et 15 autres en développement, que la SIPI est venue présenter avec Afreximbank.

Afreximbank : le financement suit

Le message le plus fort du forum est venu du financement. Pour un chef d’entreprise, le blocage n’est plus l’argent.

« On dit toujours qu’on n’a pas d’argent pour entreprendre. Ce n’est pas l’argent qui fait les affaires, ce sont les idées, la volonté de transformer », a lancé le Directeur régional de Afrixembank en Afrique de l’ouest, Jean Yerima sous les applaudissements.

Et à Glo-Djigbé, l’écosystème est complet : Afreximbank et la Caisse des Dépôts et Consignations du Bénin assurent le financement des infrastructures et des équipements, des solutions sont prévues pour les coûts d’installation et surtout pour le besoin crucial en fonds de roulement.

« Venez avec vos idées. La GDIZ vous donne l’usine. Les banques vous donnent les moyens de la faire tourner. Vous entrez porteur de projet, vous sortez industriel », résume un investisseur présent.

La ZLECAf comme marché final

Au-delà du Bénin, l’objectif est continental. Avec la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf), un produit transformé à Glo-Djigbé peut désormais accéder à un marché de 1,4 milliard de consommateurs sans droits de douane.

« La ZLECAf est une opportunité pour les pays industrialisés. Si vous ne transformez pas, vous ne pouvez pas en profiter. La GDIZ est notre ticket d’entrée », a conclu le président de la CNP- Bénin, Eustache Kotingan.

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