
Marché régional : le Bénin s’impose comme une signature de référence
Le marché de la dette publique dans l’espace UEMOA enregistre un signal en faveur du Bénin, au lendemain de l’élection présidentielle remportée par Romuald Wadagni. Une dynamique qui illustre, au-delà du contexte politique, la solidité de la signature financière du pays sur le marché régional.
Quatre jours seulement après le scrutin, le Bénin s’est présenté sur le marché des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) avec une émission de Bons assimilables du Trésor (BAT) à court terme. L’opération, initialement prévue pour mobiliser 20 milliards de FCFA, a finalement permis de lever 22 milliards FCFA, traduisant un succès au-delà des attentes.
Mais c’est surtout l’ampleur de la demande qui retient l’attention. Les investisseurs ont proposé plus de 135 milliards FCFA, soit un taux de couverture supérieur à 670 %. Un niveau exceptionnel qui confirme l’attractivité des titres béninois et la confiance renouvelée des acteurs du marché.
Dans le détail, l’émission portait sur deux maturités : 91 jours et 182 jours. Les taux de rendement obtenus – respectivement 3,6 % et 3,9 % – apparaissent particulièrement compétitifs dans un contexte régional marqué par un renchérissement du coût du crédit. Cette performance positionne le Bénin parmi les signatures les plus solides de la zone UEMOA.
L’opération a également mobilisé des investisseurs issus de plusieurs pays de l’Union, notamment du Bénin, du Mali, de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso, témoignant de la profondeur croissante du marché financier régional et de l’intérêt transfrontalier pour la dette béninoise.
Au-delà des chiffres, cette levée de fonds intervient dans un contexte politique particulier, marqué par l’arrivée au pouvoir de Romuald Wadagni, ancien ministre de l’Économie et des Finances reconnu pour sa gestion rigoureuse des finances publiques. Son parcours, marqué par une stratégie proactive de gestion de la dette et un accès régulier aux marchés internationaux, semble continuer de rassurer les investisseurs.
Cette opération réussie envoie ainsi un signal : malgré les incertitudes généralement associées aux périodes électorales, le Bénin maintient sa crédibilité financière et sa capacité à mobiliser des ressources à des conditions avantageuses. Elle confirme également une tendance de fond, celle d’un pays devenu, au fil des réformes, une référence en matière de gestion de la dette en Afrique de l’Ouest.
Dans un environnement régional où plusieurs économies font face à des tensions budgétaires et à une hausse des taux, la performance béninoise apparaît comme un indicateur de stabilité, mais aussi comme un levier pour soutenir les ambitions de financement du développement dans les années à venir.
Hervé Ganhouégnon







