CEMAC : La BEAC mobilise plus d’un milliard FCFA pour accélérer la création du dépositaire central unique

CEMAC : La BEAC mobilise plus d’un milliard FCFA pour accélérer la création du dépositaire central unique
Réuni récemment à Malabo, le Conseil d’administration de la Banque centrale a autorisé la mobilisation de 1,04 milliard FCFA pour sa quote-part dans le capital social du futur Dépositaire Central Unique de la CEMAC (DCU-CEMAC). Pour accélérer la constitution effective du capital de cette société privée, la BEAC a également été habilitée à assurer, à titre transitoire, le portage d’actions non libérées pour un montant additionnel de 814,58 millions de FCFA.
Cette décision permet de contourner les lenteurs liées au non-versement immédiat de leurs apports par certains actionnaires. Le portage d’actions permet à la BEAC de souscrire temporairement des titres pour le compte des actionnaires défaillants, assurant ainsi la mise en place rapide du capital minimum requis pour la création légale du DCU. La Banque centrale devient porteuse de ces titres en attendant leur rachat ultérieur par les souscripteurs initiaux.
Une infrastructure stratégique pour la bourse régionale
La création du DCU-CEMAC est une pièce maîtresse pour le marché financier intégré de la région (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et République centrafricaine). Le Dépositaire Central Unique servira d’infrastructure technique et juridique où seront centralisés, enregistrés et conservés tous les titres financiers émis sur le marché (actions, obligations, bons du Trésor, etc.).
Ses missions sont garantir la sécurité des titres, faciliter la compensation et assurer le règlement en espèces des transactions. L’objectif est de sécuriser les opérations, de renforcer la transparence et de protéger les investisseurs, succédant au rôle transitoire que la BEAC a assuré depuis la fusion des deux marchés boursiers de la région (BVMAC et DSX) en juin 2019.
Le projet, initialement prévu pour une courte période de transition, a subi de nombreux reports. En prenant en charge les actions non libérées, la BEAC s’assure que le capital requis soit totalement couvert, une condition essentielle pour concrétiser le lancement du DCU, attendu initialement fin 2024.
Malgré cette avancée financière, l’article souligne que la lenteur du processus s’expliquerait également par un désaccord institutionnel de fond entre la BEAC et la BVMAC (Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale) concernant le contrôle et la gouvernance du futur dépositaire.
La Banque centrale souhaiterait maintenir une supervision étroite pour prévenir les risques systémiques, tandis que la BVMAC plaide pour la création d’une entité véritablement indépendante afin de favoriser la transparence et l’efficacité opérationnelle.






