
Microfinance au Bénin : Forte baisse des crédits octroyés au premier trimestre 2025
Le secteur de la microfinance au Bénin a connu une contraction significative au premier trimestre 2025. Selon un rapport de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), l’encours des crédits octroyés par les Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) a chuté de 38,4 milliards FCFA, soit une baisse de 14,0 % par rapport au trimestre précédent. Cette baisse est la plus importante de toute l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA).
Si la tendance est à la baisse dans la plupart des pays de l’UEMOA (l’encours global a baissé de 65,8 milliards FCFA), la situation du Bénin est particulièrement notable. Le Togo (-20,0 milliards FCFA) et la Côte d’Ivoire (-11,3 milliards FCFA) ont également vu leurs crédits diminuer, mais dans des proportions moindres. À l’inverse, le Sénégal (+11,0 milliards FCFA) et la Guinée-Bissau (+860 000 FCFA) ont enregistré une croissance.
Une collecte de dépôts en forte hausse
Malgré la chute des crédits, la collecte de dépôts a connu une dynamique positive. L’encours des dépôts collectés par les Institutions de Microfinance (IMF) de l’UEMOA a progressé de 102,0 milliards FCFA (+4,1 %) pour atteindre 2 560,9 milliards FCFA. Cette hausse est observée dans presque tous les pays de l’Union, y compris au Bénin où elle s’élève à 15,2 milliards FCFA (+7,7 %). Le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Togo ont également enregistré d’importantes augmentations.
Selon la BCEAO, l’épargne mobilisée par les SFD est majoritairement constituée de dépôts à vue (57,3 %). La clientèle masculine contribue pour 46,4 % de ces dépôts, contre 27,2 % pour les femmes et 26,4 % pour les groupements. Le montant moyen des dépôts par client s’établit à 129 898 FCFA, en légère hausse de 1,4 % par rapport au trimestre précédent.
En somme, certes l’octroi de crédits a connu un repli significatif, faisant du Bénin le seul pays de l’UEMOA dans cette situation. Néanmoins, le secteur de la microfinance béninois montre une résilience remarquable, et ce, grâce à une augmentation de la collecte de l’épargne. Cette capacité à mobiliser des dépôts, qui a augmenté de 7,7 % au cours du trimestre, suggère que la confiance des populations dans ces institutions reste forte. Cela démontre un potentiel de croissance durable une fois que le contexte économique permettra un redémarrage des activités de crédit.






