ECONOMIE

Un nouveau cap pour la BAD : Sidi Ould Tah s’engage à insuffler une dynamique de changement

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Un nouveau cap pour la BAD : Sidi Ould Tah s’engage à insuffler une dynamique de changement

Un vent de renouveau souffle sur la Banque africaine de développement (BAD). Sidi Ould Tah, économiste mauritanien chevronné, a officiellement pris ses fonctions de président du Groupe de la BAD, succédant à l’éminent Akinwumi Adesina. Sa prestation de serment, qui s’est déroulée hier à Abidjan, marque le début d’un mandat de cinq ans placé sous le signe de la souveraineté financière et de la transformation économique du continent.

La cérémonie, présidée par Ludovic Ngatsé, ministre congolais de l’Économie et président du Conseil des gouverneurs, a réuni une pléiade de dignitaires, dont les présidents Alassane Ouattara et Mohamed Ould Ghazouani, ainsi que les deux précédents dirigeants de la banque, Akinwumi Adesina et Donald Kaberuka. En prêtant serment, Ould Tah s’est engagé à exercer ses fonctions « avec honnêteté, discrétion et conscience », affirmant son intention de servir les intérêts de l’institution avant tout.

Un expert du développement aguerri pour un continent en mutation

L’élection de Sidi Ould Tah en mai dernier n’est pas le fruit du hasard. Son parcours, riche de plus de quarante ans d’expérience dans la finance africaine et internationale, témoigne d’une expertise rare. Ancien ministre mauritanien de l’Économie et des Finances, il a surtout laissé une empreinte indélébile à la tête de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), qu’il a dirigée de 2015 à 2025.

Sous sa gouvernance, la BADEA a connu une transformation spectaculaire. Les actifs ont bondi de 4 à près de 7 milliards de dollars, les approbations annuelles ont été multipliées par 12 et la banque a obtenu une solide notation de AA+/AAA. Sa capacité à gérer les crises a également été mise en lumière par la relocalisation réussie du siège de Khartoum à Riyad. Fort de son parcours académique de haut vol et de sa maîtrise de plusieurs langues, Ould Tah est perçu comme un leader stratégique et pragmatique, capable de naviguer dans les complexités du développement.

Des défis colossaux et une vision stratégique

Le nouveau président hérite d’une institution solide, bénéficiant d’un capital de 318 milliards de dollars et d’une notation AAA préservée depuis dix ans. Toutefois, les défis à relever sont immenses, comme l’a souligné Ludovic Ngatsé. L’instabilité géopolitique, l’insécurité alimentaire, la crise énergétique et la pression de la dette exigent une réponse forte et coordonnée. Ould Tah devra consolider la résilience des économies africaines et, surtout, renforcer la souveraineté financière du continent.

Pour y parvenir, Sidi Ould Tah a présenté une feuille de route ambitieuse, articulée autour de quatre piliers stratégiques. Il s’agira de libérer les ressources financières de l’Afrique en canalisant l’épargne locale et internationale vers des projets de développement, puis de rebâtir la souveraineté financière africaine pour réduire la dépendance vis-à-vis de l’aide extérieure.

Son plan prévoit également de transformer la démographie en un dividende en investissant dans la jeunesse et les compétences, et enfin de bâtir des infrastructures résilientes et génératrices de valeur réelle pour stimuler la croissance.

Alors que l’Afrique affiche une résilience notable face aux tensions mondiales, avec une croissance projetée à 3,9 % en 2025, la vision d’Ould Tah pourrait faire de la BAD non seulement un bailleur de fonds, mais aussi un véritable catalyseur d’investissements.

Son arrivée à la tête de cette institution stratégique est un signe fort, symbolisant également la première présidence mauritanienne de la BAD. Sa devise, « l’ambition élevée et l’audace », promet un mandat placé sous le signe de l’innovation et du leadership pour l’avenir financier de l’Afrique.

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