
UEMOA : Pourquoi le crédit reste cher malgré la croissance
Dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), les conditions de financement restent globalement contraignantes pour les entreprises et les ménages, malgré une volonté affichée des autorités monétaires de soutenir l’activité économique. Au Bénin comme dans plusieurs pays de la zone, les taux d’intérêt pratiqués par les banques demeurent élevés, traduisant un environnement de crédit encore marqué par la prudence.
Cette situation s’inscrit dans un contexte régional où la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) maintient une politique monétaire orientée vers la maîtrise de l’inflation et la stabilité financière. Si cette orientation vise à préserver les équilibres macroéconomiques, elle se traduit, sur le terrain, par un coût du crédit relativement élevé et des conditions d’octroi souvent strictes.
Pour les entreprises béninoises, en particulier les PME et PMI, l’accès au financement bancaire reste un défi majeur. Les banques privilégient généralement les emprunteurs présentant des garanties solides et des flux de trésorerie jugés suffisamment sécurisés, ce qui limite l’accès au crédit pour de nombreux acteurs du secteur productif. Les secteurs perçus comme plus risqués, notamment certaines activités agricoles ou informelles, continuent de faire face à des restrictions importantes.
Du côté des ménages, les crédits à la consommation et à l’habitat restent également soumis à des taux élevés, réduisant la capacité d’endettement et pesant sur la demande intérieure. Cette prudence des établissements bancaires s’explique notamment par la nécessité de contenir le risque de défaut, dans un environnement économique encore exposé à des chocs externes.
Au Bénin, toutefois, la solidité relative des fondamentaux macroéconomiques et la dynamique de croissance soutenue constituent des facteurs susceptibles d’améliorer progressivement les conditions de financement. Les autorités misent également sur le développement de mécanismes alternatifs, tels que le marché financier régional, les fintechs ou encore les instruments innovants, pour compléter l’offre de crédit bancaire classique.
À moyen terme, l’enjeu pour l’UEMOA et pour le Bénin sera de trouver un équilibre entre la préservation de la stabilité financière et un assouplissement progressif des conditions de crédit, afin de soutenir plus efficacement l’investissement privé, la création d’emplois et la transformation de l’économie.
Hervé Ganhouégnon







