
UEMOA : le marché des titres publics franchit un cap historique en 2025
Le marché des titres publics (MTP) de l’UEMOA a confirmé en 2025 sa montée en maturité et son attractivité, selon la Revue annuelle des marchés publiée par la SGI Impaxis Securities. La capacité du marché à absorber des volumes record de financements témoigne d’une liquidité abondante et de besoins de financement en nette progression des États.
Les levées de fonds ont fortement augmenté, passant de 16 505 milliards FCFA en 2023 à 27 076 milliards FCFA en 2024, puis à 41 941 milliards FCFA en 2025, soit une hausse proche de 55 %. Dans le même temps, les montants effectivement retenus ont progressé plus modérément, atteignant 11 682 milliards FCFA, entraînant un léger recul du taux de rétention. Pour Impaxis Securities, cet écart reflète à la fois un durcissement des critères de sélection et une gestion plus opportuniste des émissions dans un contexte de capitaux disponibles en abondance.
L’analyse par pays met en évidence de fortes disparités. La Côte d’Ivoire s’affirme comme le principal émetteur de la zone, suivie du Sénégal et du Niger. La Moyenne du Rendement Pondéré demeure globalement supérieure à 7 %, avec des tensions plus marquées dans certains pays, traduisant des perceptions différenciées du risque souverain.
À l’inverse, le Bénin et le Togo se distinguent par leur capacité à attirer et retenir des montants significatifs, signe d’un appétit ciblé des investisseurs pour leurs titres.
Sur le plan des maturités, le Bénin a maintenu des émissions régulières, notamment sur les maturités courtes et intermédiaires, tandis que la Côte d’Ivoire et le Sénégal ont affiché une présence soutenue sur les maturités 12 mois, 3 ans et 5 ans. Le Togo, pour sa part, a concentré ses émissions sur les maturités 12 mois et 3 ans.
En revanche, la Guinée-Bissau et le Mali disposent encore de marges de progression, dans un contexte géopolitique contraignant.
Concernant les conditions de taux, Impaxis Securities relève une légère baisse des rendements sur les bons assimilables du Trésor, particulièrement sur les maturités 6 et 12 mois, ainsi qu’une baisse suivie d’une remontée des taux sur les obligations assimilables du Trésor à partir du troisième trimestre 2025.
Hervé Ganhouégnon






