ECONOMIE

Togo : une ambition économique régionale portée par des réformes et une diplomatie proactive

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Togo : une ambition économique régionale portée par des réformes et une diplomatie proactive

Au cœur de l’Afrique de l’Ouest, le Togo affiche depuis quelques années une trajectoire économique qui attire de plus en plus l’attention des investisseurs internationaux. Avec une croissance moyenne de 5 à 6 % par an depuis 2021, le pays mise sur des réformes structurelles, une ouverture commerciale et une diplomatie économique active pour se positionner comme un hub stratégique de la sous-région.

Depuis le lancement du Plan national de développement (PND 2018–2022), suivi de la Feuille de route gouvernementale 2020–2025, le Togo a entrepris une série de réformes destinées à améliorer le climat des affaires, moderniser l’administration publique et renforcer les infrastructures. Le pays a notamment progressé dans le classement Doing Business, porté par la simplification des procédures de création d’entreprise, la digitalisation des services publics, et la mise en place d’un guichet unique portuaire.

Le FMI et la Banque mondiale ont salué ces efforts, soulignant la stabilité macroéconomique et la maîtrise de la dette publique. L’environnement fiscal reste compétitif, avec des incitations fortes pour les investisseurs dans les zones franches et industrielles.

Le Port de Lomé : levier logistique régional

Principal atout du pays, le Port autonome de Lomé est aujourd’hui le seul port en eau profonde de la côte ouest-africaine, capable d’accueillir des navires de grande capacité. Il s’est imposé comme une porte d’entrée logistique majeure pour les pays enclavés de la sous-région (Burkina Faso, Mali, Niger), avec une offre de services en constante modernisation.

C’est dans ce contexte que le géant japonais Toyota Tsusho Corporation a récemment annoncé l’implantation d’une plateforme régionale de distribution à Lomé, prévue pour octobre 2025. Une décision stratégique qui confirme l’attrait du Togo comme centre logistique régional.

Conscient de la nécessité de *diversifier son économie, encore dominée par les services et l’agriculture (coton, café, cacao, phosphates), le gouvernement togolais veut accélérer la transformation industrielle. Des secteurs comme l’agro-industrie, le textile, l’automobile ou encore les énergies renouvelables sont désormais prioritaires.

Le parc industriel d’Adétikopé (PIA), inauguré en 2021, incarne cette ambition. Il vise à attirer des industries à forte valeur ajoutée, à créer des emplois et à renforcer les exportations transformées localement.

 Une diplomatie économique tournée vers l’Afrique et l’Asie

Le positionnement du Togo s’inscrit aussi dans une logique régionale. Le pays veut devenir un point d’entrée stratégique de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). À l’échelle continentale, Lomé capitalise sur sa stabilité politique et son orientation vers le dialogue multilatéral pour séduire les partenaires africains, asiatiques et du Golfe.

La participation active du président Faure Essozimna Gnassingbé à des forums économiques internationaux (comme la TICAD au Japon ou le Forum sur la coopération sino-africaine) témoigne de cette volonté d’inscrire le Togo dans les grandes dynamiques d’intégration et d’investissement à l’échelle mondiale.

Malgré ces avancées, des défis subsistent : chômage des jeunes, faible industrialisation réelle, dépendance aux matières premières, inégalités sociales, et vulnérabilités climatiques. Le développement humain reste un chantier prioritaire, avec la nécessité d’investir davantage dans l’éducation, la santé et les infrastructures de base.

Avec une vision stratégique claire, des réformes soutenues et une diplomatie économique agile, le Togo veut passer du statut de pays de transit à celui de plateforme industrielle et logistique régionale. Le défi sera de transformer la croissance en développement inclusif, en s’assurant que les fruits de cette dynamique bénéficient à l’ensemble de la population.

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