
Sénégal : Offensive contre le tabac, la taxe grimpe à 70%
Le gouvernement sénégalais a récemment annoncé une série de mesures fiscales audacieuses, visant à la fois à protéger la santé de ses citoyens et à redresser ses finances publiques. Au cœur de cette stratégie, l’augmentation significative de la taxe spécifique sur les tabacs et produits du tabac importés, qui passe de 65% à 70% en vertu de la loi de finances 2025. Cette décision, qui touche également les déchets de tabac et les nouveaux produits du tabac, témoigne d’une volonté politique forte de lutter contre le tabagisme et de renforcer les recettes de l’État.
L’augmentation de la taxe sur le tabac ne se limite pas à une simple mesure fiscale. Elle s’inscrit dans une stratégie de santé publique globale, visant à réduire la prévalence du tabagisme, en particulier chez les jeunes et les populations à faible revenu, particulièrement vulnérables aux méfaits du tabac. En rendant le tabac plus cher, le gouvernement espère décourager sa consommation et protéger la santé des Sénégalais. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Programme National de Lutte contre le Tabac du Sénégal, qui vise à rendre le tabac moins accessible et attractif grâce à des politiques fiscales dissuasives et d’autres mesures de contrôle.
Un impératif économique : redresser les finances publiques
Au-delà de la santé publique, cette réforme fiscale répond à un impératif économique pressant. Le Sénégal est confronté à un déficit budgétaire croissant, atteignant près de 12% du PIB, et à un taux d’endettement élevé, estimé à 99% selon le dernier rapport de la Cour des Comptes.
Dans ce contexte, l’augmentation de la taxe sur le tabac et les autres mesures fiscales annoncées visent à accroître les recettes de l’État et à rétablir l’équilibre budgétaire.
Un objectif ambitieux : atteindre une pression fiscale de 20% en 2027
Le gouvernement sénégalais s’est fixé un objectif ambitieux : porter le taux de pression fiscale à 20% d’ici 2027, contre moins de 18% actuellement. Cet objectif, exprimé par le Premier ministre Ousmane Sonko lors de sa déclaration de politique générale, témoigne de la volonté du gouvernement de renforcer la mobilisation des ressources intérieures et de se conformer aux critères de convergence de l’UEMOA.
Une réforme fiscale globale : réduction des exonérations et optimisation des ressources
L’augmentation de la taxe sur le tabac n’est qu’un élément d’une réforme fiscale plus vaste. Le gouvernement sénégalais prévoit également de réduire ou d’éliminer les exonérations fiscales, qui ont représenté un manque à gagner considérable pour l’État.
De plus, une taxe sur les appels entrants a été réinstaurée, avec un potentiel de recettes de 50 milliards FCFA par an. Ces mesures visent à optimiser la mobilisation des ressources et à assurer une répartition plus équitable de la charge fiscale.






