Mobile Money en Afrique : une croissance de 15% en 2024, mais des disparités régionales persistent

Mobile Money en Afrique : une croissance de 15% en 2024, mais des disparités régionales persistent
Le continent africain continue de s’affirmer comme un leader mondial dans l’adoption et l’utilisation du mobile money. Selon un rapport publié ce mardi 8 avril par l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile (GSMA), la valeur des transactions de mobile money en Afrique a enregistré une croissance impressionnante de 15% en 2024, atteignant un montant total de 1105 milliards de dollars.
Ce chiffre colossal représente désormais 65,35% de la valeur globale des transactions de mobile money réalisées à l’échelle mondiale, soulignant l’importance cruciale de cette technologie pour l’économie du continent. Le rapport, intitulé « The State of the Industry Report on Mobile Money 2025 », met également en lumière une augmentation significative du volume total des transactions en Afrique, qui s’est élevé à 81,8 milliards en 2024, soit 74% du volume mondial et une progression de 22% par rapport à l’année précédente.
L’engouement pour le mobile money se traduit également par une forte augmentation du nombre de comptes actifs sur le continent. Fin 2024, l’Afrique recensait 1,1 milliard de comptes de mobile money, représentant 53% du total mondial et une hausse de 19% par rapport à 2023. À l’échelle globale, le nombre de comptes a atteint 2,1 milliards, soit une augmentation de 14%.
Disparités régionales : un développement à géométrie variable
Si la croissance globale du secteur est indéniable, le rapport de la GSMA révèle des disparités significatives entre les différentes sous-régions africaines. L’Afrique de l’Est se positionne comme la région la plus dynamique, avec 459 millions de comptes enregistrés et une valeur de transactions atteignant 649 milliards de dollars en 2024. L’Afrique de l’Ouest suit avec 485 millions de comptes et 357 milliards de dollars de transactions, tandis que l’Afrique centrale enregistre 104 millions de comptes et 83 milliards de dollars de transactions.
En revanche, le mobile money peine à s’imposer en Afrique du Nord (25 millions de comptes, 10 milliards de dollars de transactions) et en Afrique australe (27 millions de comptes, 6 milliards de dollars de transactions). La GSMA attribue ce retard relatif aux taux de bancarisation déjà élevés dans ces deux sous-régions.
Un impact économique croissant : 190 milliards de dollars de contribution au PIB de l’Afrique subsaharienne
Au-delà des volumes de transactions, le rapport met en évidence l’impact économique croissant du mobile money. À fin 2023, les pays disposant de services de mobile money ont vu leur PIB cumulé augmenter de 720 milliards de dollars par rapport à un scénario sans ces services, soit une hausse de 1,7%.
En Afrique subsaharienne, la contribution du mobile money au PIB est passée de 150 milliards de dollars en 2022 à 190 milliards de dollars en 2023. De manière impressionnante, cette industrie a contribué à augmenter le PIB de plus de 5% dans une dizaine de pays africains, dont le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Sénégal, le Liberia, le Kenya, le Rwanda, l’Ouganda et la Tanzanie.
Diversification des usages : au-delà des transferts de fonds
La GSMA souligne également l’élargissement constant des cas d’utilisation du mobile money. Si les transferts de fonds restent un usage majeur, les paiements marchands (105 milliards de dollars au niveau mondial en 2024), le paiement des factures (93 milliards de dollars), les envois de fonds transfrontaliers (34 milliards de dollars) et les décaissements en masse (97 milliards de dollars) connaissent une croissance significative.
De plus, les fournisseurs de services de mobile money étendent leur offre en proposant de plus en plus de produits d’épargne, d’assurance et de crédit, en particulier en Afrique subsaharienne et en Asie. En 2024, environ 44% de ces fournisseurs proposaient des prêts, 34% des produits d’épargne et 28% des produits d’assurance.
En conclusion, le mobile money continue de transformer le paysage financier africain, favorisant l’inclusion financière et contribuant de manière significative à la croissance économique. Si des défis subsistent pour réduire les disparités régionales, la dynamique positive observée en 2024 confirme le rôle central de cette technologie pour l’avenir du continent.






