ECONOMIE

Microfinance dans l’UEMOA : Une croissance soutenue malgré la détérioration de la qualité du crédit

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Microfinance dans l’UEMOA : Une croissance soutenue malgré la détérioration de la qualité du crédit

Au 31 mars 2025, le nombre d’institutions de microfinance (ou Systèmes financiers décentralisés – SFD) recensées dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) s’élève à 533, un chiffre inchangé par rapport au trimestre précédent, selon les dernières données publiées par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

Ces structures desservent 19,7 millions de clients à travers un réseau de 4 807 points de service répartis dans les huit pays membres de l’Union. Comparé à la même période en 2024, le secteur a enregistré une croissance notable, tant en nombre de clients (+1,3 million) qu’en ouverture de comptes et collecte de dépôts. Toutefois, le réseau de distribution s’est légèrement contracté, passant de 4 962 à 4 807 points de service.

La BCEAO souligne la poursuite de la dynamique positive en matière d’intermédiation financière, malgré un fléchissement des octrois de crédits par rapport au trimestre précédent. Ce recul est attribué aux variations saisonnières typiques du début d’année.

Détérioration du portefeuille de crédits

Le premier trimestre 2025 a été marqué par une dégradation de la qualité du portefeuille de crédits des SFD. Le montant des créances en souffrance a progressé de 19,2 milliards FCFA (+8,0 %), tandis que l’encours total des crédits a reculé de 65,8 milliards FCFA (-2,4 %). En conséquence, le taux brut de dégradation du portefeuille a atteint 9,8 %, contre 8,9 % le trimestre précédent et 7,6 % un an plus tôt. Ce niveau reste largement supérieur à la norme maximale de 3 % recommandée.

À fin mars 2025, dix institutions de microfinance sont placées sous administration provisoire, un chiffre stable par rapport au trimestre précédent. Ces structures sont réparties comme suit : 4 au Bénin, 1 au Burkina Faso, 1 en Côte d’Ivoire, 1 au Mali, 2 au Niger et 1 au Togo. En mars 2024, neuf institutions étaient concernées.

En dépit de la croissance continue des indicateurs d’activité, la BCEAO alerte sur les défis persistants, notamment la gestion du risque de crédit. Le renforcement des mécanismes de gouvernance, de contrôle interne et d’analyse du risque demeure crucial pour assurer la viabilité du secteur à long terme.

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