
L’heure du bilan : Agriculture béninoise, la terre qui nourrit et enrichit la nation
Au Bénin, la terre se réinvente. Grâce au PAG, jeunes agriculteurs et entrepreneurs transforment les campagnes avec des semences améliorées et des équipements modernes. La production explose, les exportations prospèrent, et l’avenir s’écrit dans les champs. Une douce révolution agricole est en marche !
Le Bénin transforme ses campagnes. Le Programme d’Action du Gouvernement (PAG) dope la production agricole, équipe les jeunes agriculteurs et ouvre les portes de l’export. Mais cette révolution a un prix : des défis climatiques et des inégalités à combler.
Le soleil brûle la plaine de Dassa-Zoumè. Dans ses champs, Koffi Adjakou, 29 ans, inspecte ses plants de maïs. Il n’est plus le paysan d’antan, courbé sous le poids d’outils rudimentaires. Grâce à des semences améliorées et un tracteur financé par le PAG, sa récolte a triplé en deux ans. « Avant, je vivais au jour le jour. Aujourd’hui, je vends du soja à la SIPI-Bénin [GDIZ-Glo]», confie-t-il, sourire aux lèvres. Son histoire incarne la transformation agricole du Bénin, portée par l’ambition de Patrice Talon.
Une ambition nationale portée par le PAG
Depuis 2016, le Programme d’Action du Gouvernement (PAG) redessine le paysage agricole béninois. L’objectif est clair : faire de l’agriculture un moteur de croissance et d’emploi. Le secteur, qui représente 32,7 % du PIB et emploie 70 % de la population, est au cœur de cette stratégie. Le PAG mise sur la mécanisation, l’accès aux intrants de qualité et le développement des filières à forte valeur ajoutée, comme l’anacarde, l’ananas et le soja.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2024, la production de maïs a bondi de 14,33 %, celle de soja de 16,33 % avec 606 016 tonnes, et les cultures maraîchères comme l’oignon et le piment progressent respectivement de 24,36 % et 20,52 %. Ces hausses ne sont pas un hasard. Le gouvernement a investi dans 300 000 hectares de terres irrigables, des semences résistantes et des équipements modernes. Des tracteurs aux moissonneuses, les campagnes béninoises se dotent d’outils qui changent la donne.
Le visage de la modernité : les jeunes agriculteurs
Koffi n’est pas un cas isolé. Des milliers de jeunes, souvent issus de milieux urbains, se tournent vers l’agriculture. Le PAG soutient ces entrepreneurs avec des crédits agricoles et des formations. À Parakou, Aminata Zoulé, 34 ans, dirige une coopérative de transformation de manioc. Ses produits – gari et tapioca – s’exportent désormais au Niger et au Togo. « Les machines financées par le PAG ont réduit le temps de transformation. On produit plus, plus vite, et on gagne mieux », explique-t-elle.
Ces jeunes incarnent un Bénin rural qui se modernise. Ils adoptent des variétés de cultures adaptées au climat, comme le manioc et l’igname, plus résistants à la sécheresse que le maïs. Ils diversifient aussi leurs exploitations, combinant coton, maïs et soja pour limiter les risques et maximiser les revenus.
Une dynamique exportatrice
L’exportation est le fer de lance de cette révolution. Le Bénin, cinquième producteur mondial de noix de cajou avec 215 000 tonnes, ambitionne augmenter considérablement sa production, estimé à 300 000 tonnes d’anacarde et 600 000 tonnes d’ananas en 2021. Des structures comme l’Agence béninoise de sécurité sanitaire des aliments (ABSSA) garantissent la qualité des produits, ouvrant les portes des marchés internationaux.
Le Salon International des Marchés Agricoles et Agroalimentaires (SIMAA), lancé en 2021, illustre cette ambition. En réunissant investisseurs et producteurs, il met en lumière les Pôles de Développement Agricole, où les filières sont structurées de la production à la commercialisation. Résultat : les exportations agricoles représentent 75 % des recettes d’exportation du pays.
Les ombres au tableau
Mais cette success-story a ses failles. Les changements climatiques, avec des sécheresses prolongées et des inondations, freinent les progrès. En 2024, des poches de sécheresse de 21 jours ont affecté les zones centre et nord, réduisant les rendements. Les petits exploitants, souvent exclus des financements, peinent à accéder aux équipements modernes. L’élevage, négligé par les politiques agricoles, souffre de conflits avec les agriculteurs sédentaires et d’un manque de pâturages.
Le PAG, bien que visionnaire, n’est pas exempt de critiques. La focalisation sur les filières d’exportation, comme l’anacarde, marginalise parfois les cultures vivrières essentielles à la sécurité alimentaire. De plus, la formation des agriculteurs reste insuffisante. « On nous donne des machines, mais pas assez de techniciens pour nous guider », déplore un producteur de Borgou.
Un appel à l’action collective
Le Bénin est à un tournant. La campagne agricole 2025-2026, lancée à Dassa-Zoumè, met l’accent sur la résilience face aux défis climatiques. Le recrutement de 223 agents contractuels pour accompagner les producteurs est un pas en avant. Mais il faut plus : des financements accessibles, une formation continue et une meilleure gestion des ressources naturelles.
Les jeunes agriculteurs comme Koffi et Aminata montrent la voie. Leur réussite prouve que la terre peut nourrir et enrichir. À condition d’agir ensemble – gouvernement, privés, agriculteurs – pour surmonter les obstacles. Le Bénin ne manque ni de terres ni d’ambition. Il lui faut désormais de la synergie.
La révolution agricole est en marche. Elle transformera les campagnes, si elle ne laisse personne derrière.
Yêdafou KOUCHÉMIN







