Le marché des titres publics de la CEMAC atteint un niveau record de 15,8 milliards de dollars

Le marché des titres publics de la CEMAC atteint un niveau record de 15,8 milliards de dollars
Le marché des titres publics de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) a enregistré une croissance historique de son encours, confirmant son rôle central dans le financement des économies de la sous-région. À la fin de juillet 2025, la dette souveraine des six pays membres (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) a dépassé le seuil symbolique des 9 000 milliards de FCFA, pour s’établir précisément à 9 086,6 milliards de FCFA (environ 15,8 milliards de dollars USD).
Ce montant représente une augmentation significative de 2 153,7 milliards de FCFA (soit près de 3,8 milliards de dollars USD) en seulement un an, marquant une progression de 31,1% par rapport à l’encours de juillet 2024. Ces données, rendues publiques par la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) suite au Conseil de surveillance de sa Cellule de Règlement et de Conservation des Titres (CRCT) tenu le 3 octobre 2025, établissent un nouveau record pour le marché régional des valeurs du Trésor.
Selon l’institut d’émission commun à la CEMAC, cette “performance annuelle est un nouveau record pour le marché régional des valeurs du Trésor, devenu un pilier du financement des budgets nationaux dans la CEMAC”.
La dynamique haussière était déjà nettement perceptible au premier trimestre de l’année. À la fin mars 2025, la BEAC avait indiqué que l’encours atteignait déjà 8 451,8 milliards de FCFA. Cette tendance a été particulièrement soutenue par l’activité du Gabon, dont les émissions ont progressé de 44,3% en l’espace d’un mois seulement.
Entre vitalité du marché et prudence des investisseurs
La Banque centrale interprète cette augmentation de l’émission de titres publics comme la traduction d’une double réalité : elle reflète à la fois le besoin croissant de financement public des États et, parallèlement, la vitalité du marché monétaire régional. Le marché, désormais bien établi, démontre sa capacité à absorber des volumes de dette souveraine sans précédent.
Toutefois, le Conseil de surveillance de la CRCT a également souligné un point d’attention majeur : le taux moyen de couverture des émissions a reculé, passant de 71,8% à 63,4% entre juillet 2024 et juillet 2025. Cette diminution du taux de couverture est un indicateur clé. Elle suggère une certaine prudence renforcée de la part des investisseurs qui, face à la multiplication des appels de fonds par les États, adoptent une posture plus sélective dans leurs souscriptions.






