Le Mali injecte 24 milliards FCFA pour électrifier le pays : Un pari audacieux sur l’autonomie énergétique

Le Mali injecte 24 milliards FCFA pour électrifier le pays : Un pari audacieux sur l’autonomie énergétique
Face à une crise énergétique persistante qui entrave le quotidien de ses citoyens et freine son développement économique, le gouvernement malien vient d’opérer une manœuvre stratégique d’envergure. Une allocation substantielle de 24 milliards de FCFA (soit environ 36,58 millions d’euros) a été débloquée au profit du ministère en charge de l’Énergie et de l’Eau. Ce fonds vise à fortifier l’accès à l’électricité sur l’intégralité du territoire, marquant une inflexion majeure dans la politique publique d’accès aux services essentiels.
La cérémonie officielle de remise des fonds en présence d’une pléiade de dignitaires gouvernementaux, a souligné l’urgence et la détermination inébranlable des autorités. Le Mali est confronté à un déficit énergétique chronique, exacerbé par une demande électrique qui a quintuplé en vingt ans, passant de 600 GWh en 2002 à 3 200 GWh. L’offre actuelle, estimée à 2 887 GWh, s’avère manifestement insuffisante, engendrant des délestages récurrents qui pénalisent sévèrement les foyers et les entreprises.
Cette manne financière trouve sa source dans le tout récent Fonds de soutien aux infrastructures de base et de développement social, un dispositif ingénieux institué par ordonnance en février 2025. Son originalité réside dans son alimentation : des prélèvements sont effectués sur les recharges téléphoniques et les transactions de mobile money. Cette approche témoigne d’une volonté manifeste de mobiliser l’ingéniosité financière nationale au service d’investissements à fort impact social. À la mi-juillet, le fonds avait déjà engrangé plus de 34,7 milliards de FCFA, attestant de la viabilité et de la puissance de ce modèle.
Des priorités concrètes pour une distribution plus robuste
Le ministère de l’Énergie a d’ores et déjà esquissé les lignes directrices de l’utilisation de ces fonds. Les principales affectations incluent l’entretien rigoureux des équipements de production électrique, gage de la stabilité du réseau. S’y ajoute l’approvisionnement continu en carburant pour les centrales thermiques, condition sine qua non à une production constante. Enfin, le renforcement substantiel des capacités de production est visé, en synergie avec le plan unique d’amélioration de la desserte électrique amorcé durant le mois de Ramadan.
Ces mesures s’inscrivent dans une ambition plus vaste d’accès universel à l’électricité, un objectif ambitieux que le Mali s’efforce d’atteindre malgré un cadre budgétaire contraint. La stratégie gouvernementale s’articule autour de la valorisation des ressources locales, d’une transparence institutionnelle accrue et d’un investissement ciblé dans les infrastructures fondamentales.
Un manifeste économique et politique pour l’autonomie
Au-delà de l’enveloppe financière, cette initiative constitue un manifeste politique retentissant en faveur de la souveraineté énergétique et de l’équité sociale. Les autorités maliennes entendent prouver qu’il est possible d’atténuer la dépendance aux financements extérieurs en orchestrant une mobilisation ingénieuse et juste de l’épargne nationale. Désormais, chaque transaction téléphonique ou de mobile money se transforme en une contribution tangible à l’édification d’écoles, à l’alimentation d’hôpitaux, ou, comme ici, à l’illumination des foyers.
Comme l’a éloquemment souligné un haut dignitaire du ministère de l’Économie lors de la cérémonie, “L’amélioration des services sociaux de base procède d’une gouvernance renouvelée, ancrée dans la responsabilisation, la mobilisation nationale et une répartition équitable des efforts.”






