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Le Ghana opte pour une thérapie de choc afin de stabiliser son économie

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Le Ghana opte pour une thérapie de choc afin de stabiliser son économie

Le gouvernement ghanéen dirigé par le président John Mahama a pris des mesures audacieuses dans le cadre d’un effort pour restaurer la stabilité financière d’un pays confronté à une dette écrasante, une inflation galopante et une croissance économique en ralentissement. Élu en décembre 2024 sur la promesse d’un redressement économique, Mahama amorce une période d’austérité visant à réorganiser les fondements de l’économie ghanéenne.

Avec une dette nationale de 8,7 milliards de dollars à rembourser d’ici 2028, représentant 10,9 % du PIB, le Ghana continue de dépendre du soutien du Fonds monétaire international (FMI). Pour y remédier, Cassiel Ato Forson, ministre des Finances, a présenté un budget 2025 qualifié de « thérapie de choc », symbolisant une rupture nette avec les pratiques du passé.

Forson a souligné que l’économie actuelle était plongée dans une « détresse profonde », accentuée par une gestion inefficace et un manque de transparence financière. Les mesures incluent des coupes budgétaires drastiques, des suppressions d’impôts et des réformes structurelles rigoureuses.

Réformes fiscales innovantes

Le gouvernement a annoncé la suppression de taxes emblématiques telles que la E-Levy sur les transactions électroniques, la taxe sur les paris, et la taxe Covid-19. Toutefois, ces allégements fiscaux s’accompagnent d’une restructuration stratégique. La réduction du plafond des remboursements d’impôts, combinée à une réforme de l’administration fiscale, vise à générer des recettes compensatoires. L’État espère également renforcer la collecte de la taxe foncière et simplifier la TVA pour une meilleure efficacité.

Rationalisation des dépenses publiques

Dans une tentative de réduire les coûts de fonctionnement, le nombre de ministères a été réduit de 30 à 23, et les ministres, de 88 à 60. De plus, des programmes jugés non essentiels, tels que YouStart ou One District One Factory, sont suspendus. Une gestion rigoureuse des dettes publiques, incluant des audits obligatoires, fait désormais partie intégrante de cette approche.

Un secteur énergétique réorganisé

Le secteur énergétique, vital pour l’économie du Ghana, subit lui aussi une refonte. Le gouvernement prévoit de renégocier les contrats avec les producteurs d’électricité indépendants et de rationaliser les taxes énergétiques. Ces mesures visent à alléger le fardeau économique et à garantir une meilleure gestion des revenus.

Avec un objectif de ramener l’inflation à 11,9 % d’ici fin 2025 et de maintenir une croissance du PIB d’au moins 4 %, le gouvernement ghanéen vise une stabilité financière durable. Cependant, les récents indicateurs économiques montrent des signes de fragilité, et la réaction des marchés financiers reste incertaine. Alors que le ministre des Finances exprime sa confiance dans cette stratégie, le succès de ces réformes dépendra de leur mise en œuvre et de leur acceptation par la population.

Le Ghana, engagé dans une refonte économique majeure, se trouve à un carrefour. Le chemin emprunté par le gouvernement Mahama pourrait soit ouvrir une nouvelle ère de stabilité, soit aggraver une crise socio-économique déjà préoccupante.

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