
Le FMI s’apprête à débloquer des fonds pour la RDC après une revue positive
Le Fonds monétaire international (FMI) a marqué une avancée significative dans son accompagnement de la République démocratique du Congo (RDC) en annonçant, hier 13 mai, un accord préliminaire concernant la première évaluation du programme économique et financier triennal soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC). Cette entente ouvre la voie à un premier versement d’argent, dont le montant exact doit encore être confirmé, sous forme d’aide budgétaire. L’aval définitif de ce déblocage de fonds par le Conseil d’administration du FMI est attendu d’ici la fin du mois de juin.
Cette annonce fait suite à une mission des équipes du FMI qui s’est déroulée à Kinshasa du 30 avril au 13 mai 2025, sous la direction de Calixte Ahokpossi. Cette mission intervenait six mois après la signature, en novembre 2024, d’un double accord important : un nouveau programme FEC sur trois ans d’un montant total de 1,77 milliard de dollars américains, et un second programme soutenu par la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) s’élevant à 1,1 milliard de dollars, dédié aux politiques de lutte contre le changement climatique.
Dans son communiqué, le FMI met en avant la capacité de résistance de l’économie congolaise face à l’intensification du conflit armé dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu depuis le dernier trimestre 2024. Malgré ce contexte sécuritaire inquiétant, la croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) a atteint un niveau solide de 6,5 % en 2024 et devrait se maintenir au-dessus de 5 % en 2025, principalement grâce à la vigueur persistante du secteur minier. Cette bonne performance économique s’est accompagnée d’une stabilisation du taux de change et d’un recul notable de l’inflation, revenue à un chiffre en avril 2025, résultat d’une politique monétaire rigoureuse et d’une augmentation progressive des réserves internationales.
Cependant, le FMI attire l’attention sur les fortes tensions budgétaires causées par l’aggravation de la situation sécuritaire. L’augmentation importante des dépenses exceptionnelles liées à la sécurité, les transferts d’argent aux provinces et les investissements publics ont largement dépassé les prévisions initiales, malgré une collecte de recettes jugée satisfaisante. De ce fait, le déficit budgétaire intérieur a dépassé la limite fixée pour fin 2024.
Les difficultés budgétaires persistent en 2025. La fermeture des bureaux de perception d’impôts dans l’Est du pays, ajoutée à la suspension de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) et des droits de douane sur les produits de première nécessité pour alléger la situation des populations, pèse lourdement sur les revenus de l’État. En parallèle, les dépenses restent sous forte pression, notamment en raison du doublement des salaires des forces de sécurité intervenu depuis le mois de mars.
Face à ces déséquilibres, les autorités congolaises ont réaffirmé leur engagement ferme envers le programme FEC, qui a été réajusté pour tenir compte des réalités budgétaires engendrées par la crise sécuritaire et humanitaire. Un projet de loi de finances rectificative pour 2025 a été élaboré, comprenant des mesures visant à augmenter la collecte des recettes et à maîtriser les dépenses publiques. Ce projet prévoit également un soutien financier supplémentaire à des conditions favorables de la part de la Banque mondiale.
Pour compenser les pressions sur le budget, des mesures précises ont été identifiées, notamment une réduction des dépenses de fonctionnement de l’État, la lutte contre les exonérations fiscales jugées inefficaces, le renforcement des contrôles aux frontières pour optimiser les recettes douanières, et la modernisation du système de TVA par la mise en place de la facturation normalisée.
Malgré le contexte difficile, le FMI a tenu à souligner les progrès importants réalisés par la RDC dans la mise en œuvre des réformes structurelles liées à la gestion des finances publiques. Des avancées notables ont été enregistrées dans la mise en place du compte unique du Trésor, le renforcement de la Direction générale du Trésor, la décentralisation de la gestion des dépenses, et la transition vers un cadre budgétaire qui ne dépend pas uniquement du secteur minier afin de protéger les dépenses sociales des variations des prix des matières premières.
Le Fonds a cependant insisté sur la nécessité d’intensifier les efforts en matière de transparence, de bonne gestion et de lutte contre la corruption, en particulier au sein du secteur minier, reconnaissant que ces aspects sont essentiels pour assurer une croissance économique durable et bénéficiant à tous en RDC.







