ECONOMIE

L’AES lance officiellement sa Banque d’investissement régionale 

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L’AES lance officiellement sa Banque d’investissement régionale 

L’Alliance des États du Sahel (AES), composée du Mali, du Niger et du Burkina Faso, a officiellement matérialisé une étape importante de son projet d’autonomie financière. Le 23 mai dernier, le Centre international de conférences de Bamako (CICB) a été le théâtre d’un événement historique : la pose de la première pierre de la Banque Confédérale pour l’Investissement et le Développement (BCID-AES). Cette cérémonie a été présidée par les chefs de gouvernement du Mali et du Niger, aux côtés du ministre burkinabè en charge des Finances, signalant l’engagement résolu des trois nations.

Annoncé dès janvier, ce projet de banque d’investissement régionale prend aujourd’hui une forme concrète et tangible. La BCID-AES se positionne comme un instrument financier majeur, doté d’un capital initial impressionnant de 500 milliards de FCFA, soit l’équivalent d’environ 7,62 milliards d’euros. Ce montant substantiel n’est pas anodin ; il reflète la détermination inébranlable des pays membres de l’AES à reprendre en main le financement de leurs propres agendas de développement. Il s’agit d’un signal fort envoyé à la communauté internationale quant à la volonté de ces nations de s’affranchir de certaines dépendances.

Un acte de souveraineté économique dans un contexte de défis régionaux

La genèse de cette institution financière intervient dans un contexte régional particulièrement complexe. Le Sahel est confronté à des défis sécuritaires persistants, qui pèsent lourdement sur la stabilité et le développement. À cela s’ajoute un isolement diplomatique croissant pour certains membres, ce qui pousse l’Alliance à rechercher activement des voies d’autonomie stratégique. Historiquement, les pays de cette région ont été largement tributaires des financements provenant d’institutions multilatérales telles que le Fonds Monétaire International (FMI), la Banque mondiale ou la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD). La création de la BCID-AES incarne donc un acte de souveraineté économique majeur, marquant une rupture avec ce modèle de dépendance.

Financer le développement endogène : l’ambition de la BCID-AES

L’objectif principal de la BCID-AES est clair : permettre aux trois États de l’AES de financer, par leurs propres moyens, des projets structurants essentiels. Ces initiatives ciblent des secteurs vitaux pour le développement durable de la région, notamment l’énergie, les transports, l’agriculture et l’éducation. En mutualisant leurs ressources et en créant un mécanisme de financement interne, l’Alliance vise à réduire sa dépendance vis-à-vis des partenaires extérieurs. Cette approche favorise un développement endogène, mieux aligné sur les priorités et les réalités locales, et permet une allocation des ressources plus agile et souveraine.

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