La région Moyen-Orient et Afrique du Nord affine sa lutte contre la pauvreté grâce à de nouvelles données

La région Moyen-Orient et Afrique du Nord affine sa lutte contre la pauvreté grâce à de nouvelles données
La capacité à éradiquer efficacement la pauvreté dépend directement de l’accès à des données précises et actuelles. La région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) marque un progrès significatif dans son évaluation post-pandémie de la pauvreté, grâce à une bien meilleure disponibilité des enquêtes sur les budgets des ménages. Cette amélioration ouvre la voie à des politiques publiques plus justes et plus efficaces.
Pour la première fois, la Banque mondiale peut publier des estimations régionales de la pauvreté pour la zone MENA couvrant la période suivant la pandémie. C’est une avancée d’autant plus importante que le manque de données était auparavant un obstacle majeur. La portée des enquêtes sur les budgets des ménages, pourtant essentielle pour mesurer la pauvreté et les inégalités, avait chuté à seulement 28,7 % après la pandémie, rendant impossible la production de chiffres récents.
Aujourd’hui, grâce à l’intégration de nouvelles enquêtes menées en Égypte (2021), en Iran (2023), en Iraq (2023), en Cisjordanie et Gaza (2023) et au Liban (2022), la couverture démographique de la région MENA est passée de 28,7 % à un impressionnant 67,4 %. Ces informations s’ajoutent à celles déjà collectées en Iran (2022), en Tunisie (2021) et en Syrie (2022). Avec désormais 7 des 12 pays en développement de la région MENA couverts, la zone se rapproche de la moyenne mondiale de 76 % de couverture. Ce succès résulte des efforts constants des agences nationales de statistique, combinés au soutien technique et aux conseils de la Banque mondiale.
Des tendances de la pauvreté plus claires, avec des signes de récupération
Bien que la région MENA soit la seule au monde où la pauvreté a augmenté depuis 2010 – passant de 4 % à 8,6 % (selon le seuil de 3 dollars par jour, PPA 2021) avec une projection à 9,4 % en 2025 –, ces nouvelles données permettent une meilleure compréhension des dynamiques. En utilisant un seuil de 4,2 dollars par jour, plus adapté aux pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, le taux, qui était passé de 11,7 % en 2010 à 15,7 % en 2021, a montré un léger recul à 15 % en 2022, indiquant un certain rebond économique.
Si la Syrie et le Yémen contribuent fortement à l’augmentation de la pauvreté en raison de conflits persistants, le tableau n’est pas entièrement sombre. L’Iran, par exemple, a joué un rôle important dans la réduction de la pauvreté après 2020, grâce à une augmentation des salaires, des revenus du travail indépendant et des transferts sociaux ciblés. En Égypte, les taux de pauvreté de 2021 sont revenus à leurs niveaux de 2015, signalant une certaine stabilité. Ces exemples mettent en lumière l’effet positif des réformes économiques et des systèmes de protection sociale.
L’établissement et le maintien d’une mesure fiable de la pauvreté dans la région MENA représentent un accomplissement majeur. Cela fournit aux décideurs des informations vitales pour élaborer des interventions plus pertinentes et suivre les progrès vers l’Objectif de Développement Durable 1 (élimination de la pauvreté). La collecte et la diffusion régulières des enquêtes sur les budgets des ménages sont désormais au cœur de cette évolution positive.






