
Ghana : le cedi signe l’un des redressements les plus spectaculaires du continent en 2025
Le cedi ghanéen (GHS) s’est distingué en 2025 comme l’une des monnaies africaines les plus performantes, selon les données publiées par la Banque du Ghana. À la fin du premier semestre, la devise nationale s’était appréciée d’environ 30 % face au dollar américain, faisant passer le taux de change de 15,56 GHS pour un dollar début avril à 10,28 GHS en juin. Ce redressement a eu pour effet immédiat d’alléger le coût local des biens et des intrants importés, offrant un répit notable aux consommateurs et aux entreprises.
Cette appréciation remarquable s’explique notamment par un affaiblissement du dollar américain et par les interventions ciblées de la Banque du Ghana sur le marché des changes, dont une injection de 490 millions de dollars en avril. Parallèlement, les réserves brutes du pays ont progressé pour atteindre environ 11 milliards de dollars, renforçant la capacité du Ghana à faire face à d’éventuels chocs extérieurs.
Si cette performance monétaire constitue un signal positif pour l’économie ghanéenne, les autorités restent prudentes. La Banque du Ghana a souligné que les implications complètes de cette forte appréciation demeurent incertaines. Le Fonds monétaire international (FMI) a, pour sa part, indiqué qu’une révision des objectifs du programme de soutien au Ghana pourrait être envisagée afin d’en tenir compte.
Le ministère des Finances a attribué cette évolution à une planification rigoureuse et à la restauration progressive de la confiance dans la politique macroéconomique du pays, tandis que la Banque centrale a reconnu l’influence déterminante du sentiment du marché dans le maintien de cette dynamique. Ces positions illustrent la prudence des autorités, conscientes que les effets de ce redressement ne se mesurent pas uniquement à court terme.
Enfin, la Banque du Ghana a noté que l’indice du dollar américain avait reculé de près de 11 % au premier semestre 2025, contribuant ainsi à la vigueur du cedi. Selon S&P Global, cette embellie monétaire s’est traduite dès le mois de mai par une baisse simultanée des coûts des intrants et des prix de vente dans les entreprises ghanéennes — un signe tangible d’un retour progressif de la stabilité dans l’économie nationale.
Hervé Ganhouégnon






