ECONOMIE

Fintechs dans l’UEMOA : 20 établissements désormais agréés, la régulation prend forme

2.65Kvues

Fintechs dans l’UEMOA : 20 établissements désormais agréés, la régulation prend forme

Depuis le 27 mai 2025, neuf nouvelles fintechs ont obtenu leur agrément de la BCEAO, portant à vingt (20) le nombre total d’établissements de paiement électronique officiellement reconnus dans l’espace UEMOA.

Parmi les nouvelles structures agréées figurent Samir Money Sénégal SA, Copay SA, Intouch Guinée-Bissau, Feexpay SA, ou encore Cinetpay Africa SA, réparties entre le Sénégal, le Togo, la Guinée-Bissau et la Côte d’Ivoire. Ces agréments marquent une avancée notable dans le processus de mise en conformité engagé depuis l’entrée en vigueur de l’Instruction n°001-01-2024 sur les services de paiement.

Avant cette vague de régularisation, plus de 100 fintechs opéraient sans licence. Le 1er mai 2025, la BCEAO a mis fin à cette situation en ordonnant l’arrêt immédiat des activités des acteurs non agréés, après plusieurs prorogations du délai de mise en conformité – la dernière fixée au 31 août 2025.

L’agrément impose des exigences strictes en matière de cybersécurité, de gouvernance et de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme (AML/CFT). L’objectif est double :

  • Encadrer la croissance rapide du secteur fintech ;
  • Assurer la sécurité des usagers et la stabilité financière régionale.

L’encadrement réglementaire vise également à protéger les consommateurs, favoriser l’inclusion financière et renforcer la crédibilité du secteur auprès des investisseurs.

 Des défis à surmonter

Cependant, le processus reste complexe. Capital social élevé, coûts de conformité, procédures longues : autant de freins pour les petites fintechs. Autre difficulté : chaque pays de l’UEMOA délivre ses propres agréments, créant des incohérences. Une procédure régionale harmonisée serait plus efficace.

La fin du modèle d’adossement aux banques permet désormais aux fintechs de fonctionner de manière autonome, sous le contrôle direct de la BCEAO. Pour encourager l’innovation, des outils comme les “sandbox réglementaires” pourraient permettre de tester des solutions en environnement sécurisé, tout en respectant les normes.

La dynamique actuelle de régulation est un tournant pour l’écosystème fintech de l’UEMOA. En structurant le secteur, la BCEAO renforce la sécurité, la transparence, et la compétitivité régionale, tout en posant les bases d’un marché intégré et crédible à l’échelle internationale.

Laisser une reponse