
CEMAC : les États prévoient de lever 3,1 milliards $ au 2ᵉ trimestre 2026
Les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) entendent intensifier leur recours au marché des titres publics au cours du deuxième trimestre 2026. Selon les prévisions, ils ambitionnent de mobiliser jusqu’à 3,1 milliards de dollars entre avril et juin, dans un contexte marqué par des besoins croissants de financement budgétaire.
Cette stratégie s’inscrit dans la continuité des politiques adoptées ces dernières années, visant à privilégier les ressources internes pour financer les économies nationales. À travers l’émission de bons et obligations du Trésor, les États cherchent à couvrir leurs besoins de trésorerie, tout en assurant le refinancement de leurs dettes arrivant à échéance.
Le marché des titres publics de la CEMAC, soutenu par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), s’impose progressivement comme un levier essentiel pour les finances publiques. Les instruments de court terme, notamment les bons du Trésor, continuent d’y occuper une place importante, en raison de leur flexibilité et de l’appétit des investisseurs pour des placements à maturité réduite.
Toutefois, cette dynamique n’est pas sans défis. Le recours accru à l’endettement domestique soulève des enjeux liés à la soutenabilité de la dette et à la capacité des marchés à absorber des volumes de plus en plus importants. Dans ce contexte, certains États devront veiller à maintenir l’équilibre entre mobilisation de ressources et stabilité macroéconomique.
Par ailleurs, les économies de la sous-région restent exposées à des facteurs externes, notamment les fluctuations des prix des matières premières, qui influencent directement les recettes publiques. Cette dépendance renforce la nécessité de diversifier les sources de financement et de consolider les bases économiques internes.
À travers cet objectif de mobilisation de 3,1 milliards de dollars au deuxième trimestre, la CEMAC confirme ainsi sa volonté de renforcer son marché financier régional, tout en répondant aux exigences de financement de ses États membres. Un pari ambitieux qui témoigne de la montée en puissance des instruments de dette locale dans la gestion des finances publiques en Afrique centrale.






