
Cameroun : Le FMI accorde une bouffée d’oxygène de 73 milliards de FCFA
Le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé un nouveau décaissement de 73 milliards de FCFA en faveur du Cameroun, une décision saluée par les autorités camerounaises comme un signe de confiance dans leur gestion économique. Cette enveloppe s’inscrit dans le cadre de la septième revue du Programme économique et financier (PEF) 2021-2025, soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) et le Mécanisme élargi de crédit (MEDC), ainsi que de la deuxième revue de l’accord bénéficiant de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).
Avec ce nouveau décaissement, l’appui budgétaire total accordé au Cameroun par le FMI dans le cadre de ce programme approche désormais les 500 milliards de FCFA. Le ministère camerounais des Finances a exprimé sa gratitude envers le FMI pour son soutien financier et son accompagnement dans la mise en œuvre des réformes économiques et structurelles.
Cette approbation intervient dans un contexte économique mondial difficile, marqué par des turbulences persistantes. Cependant, l’économie camerounaise montre des signes de résilience, avec une croissance modérée de 3,2 % en 2023 et une projection de 3,9 % pour 2024. L’inflation a également connu une baisse significative, passant de 7,5 % en 2023 à 4,6 % en novembre 2024, témoignant d’une amélioration des équilibres macroéconomiques.
Des progrès budgétaires encourageants, mais des réformes nécessaires
Sur le plan budgétaire, la situation s’améliore progressivement, avec une réduction du déficit primaire non pétrolier de 3,9 % du PIB en 2022 à 2,5 % en 2023, et une prévision de 2 % pour 2024. Cette amélioration est en partie due à une augmentation des recettes non pétrolières, grâce à une meilleure mobilisation de l’impôt sur les sociétés et des taxes indirectes.
Malgré ces avancées, le FMI insiste sur la nécessité de maintenir le cap des réformes pour assurer la viabilité des finances publiques et accélérer la croissance à moyen terme. L’institution financière appelle notamment à accélérer les investissements publics, à restructurer les entreprises publiques, à renforcer la gouvernance dans les industries extractives et à améliorer le climat des affaires. Une attention particulière est accordée à la restructuration de la Société nationale de raffinage (Sonara) et à la révision de la loi de 2013 encadrant les incitations à l’investissement.
Un engagement renforcé pour une croissance durable
Ces recommandations s’alignent sur les engagements pris lors du sommet extraordinaire des chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) en décembre 2024, où les dirigeants de la sous-région ont réaffirmé leur volonté de renforcer la stabilité macroéconomique et de poursuivre les ajustements nécessaires pour une croissance durable.
Le gouvernement camerounais, sous l’impulsion du président Paul Biya et la coordination du Premier ministre, s’engage à intensifier les réformes prioritaires, notamment en matière de discipline budgétaire, d’amélioration de la gouvernance économique et d’optimisation des investissements publics.






